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La Profession De Foi d’Alter

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Un présent de désunion


Air France, Transavia, HOP, trois entités d’un même groupe, et pourtant…

Et pourtant ces trois entreprises ne trouvent pas la complémentarité nécessaire au développement de chacune d’elle. La direction décide, et les pilotes de ces trois compagnies subissent.
Centrés sur notre activité propre, nous, pilotes, passons beaucoup de temps à réagir comme la direction l’entend, à savoir en acceptant la mise en concurrence qu’elle nous impose.
Pourtant, notre avenir, celui de notre métier et les conditions d’accomplissement de celui-ci sont communs. Aujourd’hui, les pilotes d’Air France ne veulent pas du développement de Transavia au détriment de leurs conditions de travail, de leur rémunération et de leur périmètre d’activité.

Aujourd’hui, les pilotes de Hop n’acceptent pas d’être la variable d’ajustement d’un groupe aérien alors même qu’ils savent que leur activité peut se développer et que l’activité qu’ils produisent est un maillon essentiel du réseau Air France.

Les pilotes d’Air France,de Transavia et de HOP transportent les mêmes passagers, ont les mêmes compétences et produisent le même travail au bénéfice du groupe.

Aujourd’hui, les pilotes Transavia savent que leur activité, l’activité loisir, est un secteur d’avenir, et ils souhaitent en tirer bénéfice, mais se heurtent aux accords passés au sein d’Air France sur le périmètre.

Aujourd’hui, les pilotes d’Air France sont prêts à accepter un transfert d’activité vers Transavia à la condition de rattacher l’activité de cette compagnie à leur périmètre, et, en conséquence, de piloter eux-mêmes ces avions.

Aujourd’hui, les pilotes de HOP, sous la menace permanente d’un plan social virant au chantage à l’emploi, veulent bénéficier au sein du groupe de justes possibilités d’évolution et/ou de reclassement là ou l’emploi se développe.

Aujourd’hui, les pilotes de Transavia aspirent à intégrer Air France en échange
de passerelles d’ajustement d’effectifs de pilotes d’Air France vers leur compagnie.

Les mêmes oppositions sont alimentées à Air France entre pilotes basés en province, pilotes moyen-courrier et pilotes long-courrier.

L’équation équitable est plus que complexe et se résout le plus souvent par le sacrifice de l’une ou l’autre de nos populations pilotes.

Le bilan, c’est une incompréhension générale, une lutte de territoire et d’acquis au travers d’un œilleton qui ne permet pas de voir l’avenir commun qui est possible.

Ces luttes qui prennent leur source dans la mise en concurrence savamment orchestrée par notre management se retrouvent chez toutes les catégories de personnel. Elles sont le frein principal à la définition d’une stratégie globale permettant au Groupe Air France de retrouver sa place de leader sur le marché du transport de passagers et de fret, une place fondée sur l’ambition de faire mieux et plus.
 !

Un autre avenir commun est possible


Pour en finir avec cette gabegie, il n’existe qu’une voie qui ne sacrifie personne, et c’est celle que je souhaite porter au conseil d’administration, appuyé par l’expertise de Caroline et fort du soutien des pilotes du Groupe Air France.

Cette voie, c’est celle de l’unification de tous les pilotes du Groupe Air France.

Cette unification passe par :

  • la mise en place d’une LCP commune.
  • l’élaboration d’une paie à l’ancienneté, seul système qui déconnecte la paie d’un pilote de sa place sur la LCP et qui nous immunise contre toute vision individualiste du développement du groupe.
  • une harmonisation des conditions d’emploi adaptées au secteur d’activité et préservant le niveau du contrat social des pilotes du Groupe Air France. Une phase transitoire, à la charge de l’entreprise, garantira le maintien individuel des niveaux de rémunération.

Notre avenir, celui de notre métier et les conditions d’accomplissement de celui-ci sont communs

Avec Caroline, nous nous contenterons de vous proposer quelques pistes pour démontrer la faisabilité de ce projet, laissant aux organisations professionnelles PNT du groupe le soin légitime de contractualiser cette évolution ambitieuse.

Les pilotes d’Air France, de Transavia et de HOP transportent les mêmes
passagers, ont les mêmes compétences et produisent le même travail au bénéfice du groupe. Le professionnalisme des uns et des autres n’a pas à être évalué au regard de leur compagnie d’appartenance ou de la couleur d’une dérive.

La question d’éventuelles sélections n’a donc pas lieu d’être et chaque pilote du groupe doit avoir les mêmes opportunités de carrière, sans considérations absconses de vocation ou non à tel ou tel réseau.

Ce sera bien la LCP, commune, qui sera le seul critère d’évolution, tandis que la rémunération du travail sera équitable. Inutile aujourd’hui de parler encore de rémunération liée à la productivité (masse-vitesse) alors que le maillage des activités des différents secteurs est de plus en plus serré (ex : alimentation du long-courrier par le HUB moyen et court-courrier).

Dès lors que nous aurons conjointement défini les conditions de cette révolution, l’entreprise n’aura plus d’excuse, plus aucune possibilité de pointer les pilotes comme frein à une politique ambitieuse de conquête. Transavia se développera sur son marché, HOP et le moyen-courrier Air France adapteront leur flotte et leur réseau conjointement au plus près des besoins de nos passagers (fréquences, modules, destinations).


Caroline et moi sommes déterminés à être des forces de propositions et
d’influence focalisées sur l’objectif d’un progrès social et industriel au bénéfice de tous les pilotes

Le récent Pacte de responsabilité annoncé par le Président de la République permettra une économie de cotisations de plus de 70 millions annuels sur la seule masse salariale PNT du Groupe Air France.
Mais ces baisses de cotisations devront être soumises, entre autres, à un engagement d’investissement.

Voilà une opportunité que l’administrateur pilote se doit de promouvoir afin d’imposer au Groupe un vaste plan de modernisation de notre flotte pour chacune des composantes de son activité (fret, loisir, long-courrier, court et moyen-courrier). Cette modernisation sera source de sécurité, d’économies (jusqu’à 15 % sur le carburant pour un 320 NEO), d’innovation, et de développement commercial.

Aucune opportunité d’ouverture de ligne ne sera écartée par le nécessaire respect d’accords de désunion tels que nous les connaissons actuellement.
Le développement industriel rentable de notre groupe sera la priorité, au contraire de la politique actuelle de profitabilité financière de court terme pour respecter les ordres du marché et de quelques initiés.

Ainsi, nous piloterons notre avenir.

Un avenir sous contrôle


Être élu pour représenter les pilotes au conseil d’administration ne se résume pas à toucher des jetons de présence, les reverser à son syndicat, voter chaque décision sans se soucier des enjeux pour les pilotes, et vendre aux pilotes les projets de la direction tel un porte-parole zélé.

Caroline et moi sommes déterminés non seulement à défendre les intérêts de notre profession au sein même du Conseil d’Administration d’Air France, mais aussi, et surtout, à être des forces de propositions et d’influence focalisées sur l’objectif d’un

progrès social et industriel au bénéfice de tous les pilotes.. Les jetons de présence seront une source d’argent investi pour le conseil d’experts à même de nous permettre de lire les chiffres autrement que par le prisme des allégations de nos dirigeants, qui usent et abusent de la manipulation pour nous culpabiliser et nous faire accepter chacune de leurs réformes à nos dépens.

Les pilotes auront cette information et sauront tirer les conséquences de ce regard différent, sans se laisser embarquer dans une suite d’abandons tels que nous l’avons vécue avec Transform 2015.

Si le précédent administrateur avait fait ce travail (mais en avait-il l’envie, le courage et l’ambition ?), les abandons consentis auraient été remis en cause.

Les pilotes, unis, sauront faire entendre leur voix auprès des décideurs, et nous tracerons activement les contours de notre avenir, abandonnant la passivité imposée depuis des années.

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