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A qui perd gagne Il n’y aurait pas d’alternative ?

9 mai 2018

A qui perd gagne
Il n’y aurait pas d’alternative ?

Qui fait le malin tombe dans le ravin. Ce proverbe pourrait prêter à sourire s’il n’incluait que le « malin » J.M. Janaillac (JMJ). Faisons collectivement en sorte que l’entreprise Air France et ses salariés n’échouent pas dans ce ravin, car, contrairement à lui, nous sommes en CDI dans cette entreprise et n’avons pas de parachute, qu’il soit doré ou autre.

Il y a deux semaines JMJ a donc tenté le coup du « qui perd gagne » avec sa consultation.

Si le « oui » l’avait emporté, l’accord salarial « Gateau », portant proposition de miettes, se retrouvait au centre des débats et il aurait été difficile d’exiger plus, malgré la malhonnêteté du procédé (contournement des organisations syndicales, participation à la consultation de personnels non soumis aux grilles ou fragilisés par des contrats précaires).

Et le « non » est arrivé, porté par 20 829 salariés, soit 55,44 % des votants, et une très forte participation de 80,33 %.
Malgré le battage propagandiste de tous bords, ce résultat ne signifie qu’une chose : la revendication est raisonnable et légitime, ce que l’Intersyndicale intercatégorielle Air France (ISAF) affirme depuis le début.

Au jeu du « qui perd gagne », JMJ a présenté sa démission et nous enjoint de stopper le conflit au motif qu’aucune négociation ne pourrait avoir lieu en l’absence de tout capitaine de vaisseau.

Soyons clairs, nous n’avons pas cherché ni demandé cette démission, même si les fuites dans la presse sur son projet d’avenir pour Air France nous a fait frissonner, a postériori : low-cost long-courrier, développement de Transavia et Joon par un transfert massif d’activité, montée en gamme de Hop ! (aux conditions sociales de Hop !) visant à s’accaparer tout le court-courrier (par le biais de la suppression de la « scope-close » à 110 places).

JMJ a donc décidé seul de son destin. Et les salariés d’Air France ont manifesté ensemble leur volonté de disposer du leur !

Non, les négociations ne peuvent être closes !

Non, le rattrapage des salaires, revendication commune à tous les salariés, n’est toujours pas satisfait !

Non, il n’est pas question de subir un calendrier de négociations impacté par la démission de JMJ (rappelons à cet effet que JMJ lui-même était rentré en scène au printemps 2016 avant même sa prise de fonction officielle le 4 juillet suivant en désavouant le PDG d’AF de l’époque, M. Gagey, sur le solde de l’accord Transform Pilote – cf. Flash Actu 21.06.2016) !

C’est le sens que nous avons voulu donner au maintien des journées de grèves des 7 et 8 mai.

Après cette consultation, les salarié(e)s d’Air France doivent se sentir plus forts, être conscients que rien n’est écrit d’avance et que la détermination paie.

À ce jour, notre revendication salariale a donc été portée de manière très claire auprès de la direction d’AF de trois manières différentes :
1) Durant les dernières négociations salariales (NAO et suivantes),
2) Par de nombreux jours de grève (avec en moyenne, plus de 50 % de l’activité vol impactée),
3) Par le vote de 20 829 salariés contre la provocation que constituait l’accord en trompe-l’œil proposé par G. Gateau et la baisse du pouvoir d’achat qu’il actait de facto pour les années 2019-2021.

Mais la direction et le gouvernement jouent encore les matamores.

Le cap des 15 jours de grève vient de passer, et ce n’est pas un fait anodin (y compris dans le timing de la consultation de JMJ). Il est historiquement, et dans beaucoup de grandes entreprises, le point de bascule entre, d’un côté, le mépris et la fin de non-recevoir et, de l’autre, le début d’un nécessaire dialogue pour aboutir.

Nous nous devons de mesurer et de ne pas avoir honte de la force collective que nous opposons aux dogmatiques de l’effort « pour tous sauf pour moi » ad vitam æternam. Elle est probablement née un certain 5 octobre, en 2015, quand une chemise arrachée a mis fin aux menaces de licenciements (2900 au niveau de l’entreprise dont 300 pilotes entre autres) proférées pour obtenir 20 % de productivité (pilotes compris). Ce jour-là, unis, nous avons tenu la dragée haute à tous les prédicateurs de chaos, et par la suite, les embauches ont repris, la croissance est revenue, les B787 ont été commandés et livrés, avec pour conséquences des bénéfices records et un fort désendettement d’Air France.

Soyons collectivement assurés de notre force, de celle de NOTRE compagnie et continuons de le clamer à nos dirigeants qui ne sont que des CDD.

Abandonner après cette petite première victoire qui suit la consultation de JMJ serait avouer que nous n’avons finalement jamais cru à la légitimité de nos revendications et que nous n’étions finalement en conflit que pour calmer certains de nos nerfs.
Certes, la pause s’impose jusqu’à la nomination d’un nouvel interlocuteur et souhaitons que la direction en place ne perde pas ce temps que nous lui offrons pour avancer dans les discussions et enfin comprendre le message fort que les salariés lui ont adressé. Il sera temps pour le nouveau PDG d’arbitrer définitivement dès son arrivée.

Et dans le contexte de pénurie de pilotes (entre autres !) à Air France du fait de l’inconséquence successive des divers directeurs, la future direction doit comprendre, voire apprendre, qu’on ne fait pas tourner une compagnie aérienne sans l’implication de ses salariés, encore moins de ses pilotes.

Vous l’aurez compris, le combat ne sera fini que lorsque nos revendications (ouvertes à d’éventuels aménagements par le fruit de la négociation) seront satisfaites !

Dans l’attente,

nous renouvelons notre consigne dure de Stabilité de planning.