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Accord salarial 2018, ALTER donne la parole aux adhérents

10 novembre 2018

Accord salarial 2018
ALTER donne la parole aux adhérents

Le propos d’ALTER dans ces lignes est de partager avec tous les Pilotes, les retours nombreux qui lui sont parvenus après avoir invité adhérent(e) s et sympathisant(e) s à s’exprimer suite à la longue séquence sociale qui vient de s’achever, s’agissant de son volet « rattrapage de salaires intercatégoriel ».

Neuf mois douloureux, de doute, neuf mois usants, d’implication et parfois de frustration, neuf mois pour reprendre la main sur le dialogue social et enfin stopper le diktat de la régression sociale, neuf mois pour aboutir à l’accord dit du « 2+2 ».

La position d’ALTER quant à cette issue ne fait pas grand secret : nous prenons ce résultat à la hauteur des attentes initiales, avec des regrets et de la frustration.
Mais aussi positivement avec des corps de métiers réconciliés et unis après toutes les divisions entretenues par les dirigeants successifs.

ALTER n’a pas souhaité se contenter de la position de son Conseil quant à ce résultat et c’est pourquoi nous avons sollicité nos adhérent(e) s et sympathisant(e) s sur le sujet, afin de connaitre leur ressenti et nous assurer d’être bien en phase avec leurs attentes.

Cette consultation s’est articulée autour de quatre questions ainsi qu’une invitation à tout commentaire supplémentaire.

Voici un échantillon des contributions les plus significatives. Leurs propriétaires se reconnaitront. Ceux-ci sont en grande partie en adéquation avec le sentiment des élus d’ALTER et démontrent qu’il n’y a ni victoire flagrante ni défaite cuisante pour les salariés représentés par l’Intersyndicale AF.

Nous tenons à remercier toutes celles et ceux qui ont pris le temps de participer. Chaque retour a été apprécié et pris en compte à sa juste valeur.

L’accord proposé est-il satisfaisant ?

  • L’Accord est un compromis acceptable et permet de sortir de l’impasse. Presque du gagnant gagnant salarié direction. Donc satisfaisant vu de ma place.
  • Tous unis, on s’est débarrassé de Gateau/Terner, on a pris 4 % (je suis d’accord avec vous quand vous dites que les rattrapages de salaire, c’est du vent, ce qu’on lâche on le lâche définitivement), et j’attends la suite avec impatience et optimisme.
  • Tout ça pour ça, je reste déçu du résultat.
  • On va prendre cher après avoir capitulé (à un niveau proche) des propositions de Janaillac. Ben Smith a dû mesurer notre usure (…)
  • Non, 5,1 % eut été un minimum, attendons la suite (pour laquelle je ne suis pas optimiste !).
  • Non. Les quelques pourcentages très difficilement gagnés sont insuffisants vis-à-vis de ce qui a été perdu depuis le début des efforts fournis. Encore plus insuffisanst si l’on compare à ce que les pilotes KLM (et pourquoi pas des autres compagnies équivalentes Luft, BA, Delta...) ont réussi à gagner.
  • Non, mais j’ai l’impression qu’il va falloir s’en contenter...
  • De mon point de vue, ce n’est que du trompe-l’œil, certes il y a eu des têtes qui ont sauté, mais nos élites se gavent toujours
  • Non pas que je trouve mon salaire trop bas loin s’en faut mais quand on se moque de moi, je ne suis pas du genre à me laisser faire. Au-delà du salaire, j’ai l’impression qu’il y a tout un périmètre que nous avons laissé fuir comme la place du commandant, les problèmes récurrents de gp et tout ce qu’on peut lire dans les questions DP auxquelles les réponses restent très souvent vagues. Je me demandais au sujet des revendications salariales pourquoi nous ne parlons jamais de la récupération des trois jours de congé qu’on nous a pris ?

Le choix d’une revendication intersyndicale et intercatégorielle était-il le bon ?

  • La revendication intersyndicale était un bon choix dans ce cas de figure d’autant que la partie sup pilote a été affichée clairement d’entrée.
  • Oui, n’en déplaise à certains.
  • Évidemment ! Je ne me pose pas la question de savoir si le mécano qui vient réparer l’avion est de la CGT, de Sud ou de je n’sais où, alors quand il s’agit de demander des augmentations, je fais pareil !
  • Oui, je pense que le message et nos revendications étaient plus faciles à faire passer et avaient plus de poids auprès de nos collègues ou de l’opinion publique (déjà que de nombreux collègues ne parlaient que de « notre grève de pilotes... »).
  • L’Intersyndicale avait peut-être plus d’inertie à mettre en œuvre, mais la lutte était plus significative au sein de l’entreprise.
  • Une lutte des pilotes seuls nous aurait une fois de plus porté préjudice, même si nous aurions peut-être pu espérer de meilleurs résultats (financiers...). Maintenant, faut-il s’acharner et continuer la lutte côté PNT uniquement....?
  • L’IS a gagné au niveau rassemblement et union dans l’entreprise (…) même si le résultat n’est effectivement pas « suffisant ».
  • Ce qui me satisfait dans la démarche passée est l’unité que nous avons su montrer plus que les chiffres qui en découlent (…) et je suis content que notre syndicat soit resté solidaire des autres jusqu’au bout.
  • Je ne peux qu’approuver le choix de l’intersyndicale.

Le choix de mouvements de grève par paquets de quelques jours était-il le bon ?

  • Personnellement je ne suis pas convaincu bien que ce type de grève a l’avantage d’aménager un temps de réflexion à la direction, qui ne l’a pas saisie en l’occurrence.
  • Oui, une grosse grève n’est pas suivie très longtemps, même par les PNT qui ont les moyens financiers d’en assumer le choix.
  • Des jours consécutifs d’action (collective) sont plus efficaces.
  • Non, je pense qu’il aurait mieux valu des périodes d’une à deux journées plus nombreuses. Ou bien une grève par plages horaires. Je crains que des périodes de grève trop longues et trop nombreuses n’aient dissuadé trop de monde : impact financier réel (ou présumé) trop important.
  • La grève par paquets me semble extrêmement perturbatrice de l’activité et par conséquent se révèle être une arme puissante de revendication . Pour ma part j’y ajoute une stabilité planning et si tout le monde suit ce modèle alors la réorganisation devient impossible et la négociation obligatoire.

Le timing des luttes (notamment la pause estivale) était-il adapté ?

  • Pause estivale, je suis pour, par solidarité nationale.
  • Oui (notamment pour que l’on parte nous-mêmes en vacances la tête reposée).
  • La pause estivale était obligatoire, car nous avions tout à y perdre (bref c’était réglé d’avance !) : 1- La direction voulait nous faire tomber dans son piège : Nous faire faire de grosses grèves en période estivale pour que l’opinion publique (usagers, médias et politiques...) nous déteste en les prenant en otage, alors que la direction n’avait (soi-disant...) pas les moyens de négocier officiellement. 2- La direction (et le gouvernement ?) voulait que le mouvement s’essouffle pour la rentrée et la venue de B. Smith en septembre. Dans les deux cas, le mouvement était fini.
  • Je pense, oui. Le mouvement s’essoufflant, des grèves en juillet-août auraient été très peu suivies. Et ça a permis de donner une image responsable du mouvement.
  • Pour ce qui est de la pause estivale, celle-ci ne m’a pas gêné. Effectivement je l’ai abordée comme un foutage de gueule supplémentaire de la part de la direction, je suis donc bien remonté pour la suite des négociations, mais je suis dans le même temps bien conscient qu’il vaut parfois mieux relâcher la tension afin d’être plus crédible pour la suite.