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Boost - Dites NON et faites confiance à Air France !

8 février 2017

Le temps s’est très brutalement accéléré ces trois dernières semaines. Après une longue période atone postérieure à la présentation du projet d’entreprise de Janaillac lors du CCE du 3 novembre 2016, voilà que le Directeur d’Air France est sur des charbons ardents. Il veut un projet d’accord ouvert à signature le 8 février. Terner ne dort plus parce qu’il s’est réveillé trop tard et qu’il sait combien les résultats présentés le 16 février seront bons. Pour avoir une chance de terroriser encore les salariés, il faut impérativement cranter leur soumission avant.

Le croisé donne de sa personne, c’est indéniable. 2 février, 5 février, 6 février et encore 6 février, les rotatives du siège tournent à plein. Et les arguments développés sont toujours empreints des mêmes affirmations régulièrement démenties par les faits. Genre « un contrat unique vous protègera » et « j’ai cédé sur bien des points ». Où est ce fameux contrat unique ? Pas entre les pilotes AF et ceux de TOF ! Pas plus entre les pilotes AF et ceux de HOP !

« Le choix que vous avez à faire consiste à donner un avenir à Air France dans un cadre clair et protecteur pour vous et à rétablir la cohésion et la confiance au sein de l’entreprise ». Voilà la messe dite selon le monsieur le directeur.

Si vous avez été convaincus par ses arguments, elle est dite et vous voudrez bien ne pas lire ce qui suit. Dans le cas contraire, ALTER demande votre attention.

A l’heure où cette précipitation de bien mauvais aloi est délibérément orchestrée, il est indispensable de revenir sur le constat : comment Air France, NOTRE entreprise, va-t-elle ?

Ne passons pas trop rapidement outre cette réflexion ! Les remplissages, la recette, le chiffre d’affaires, la création de résultats bénéficiaires sont toujours là ! A l’heure où il n’a, concurrence oblige, jamais été aussi facile de voyager autrement qu’Air France pour se rendre à la destination de son choix, chacun ne peut que constater combien la qualité de service que nous offrons est encore et toujours très prisée.

Ne devrions-nous pas d’ailleurs ajouter « malgré la direction générale » quels qu’en soient les femmes et les hommes qui la composent. Malgré celle-ci tant l’épurement des effectifs opérationnels est allé loin. Malgré celle-ci tant les efforts de productivité ont été poussés à l’extrême. Malgré celle-ci tant les salariés ont été poussés à l’écœurement par si peu de reconnaissance dans leur savoir-faire et leur plus-value dans la chaine de service.

Le programme ne passe plus, hiver comme été. L’indispensable reprise des embauches dans la plus grande panique intervient trop tard comme à chaque fois. Les effectifs ont été asséchés et ne permettent plus aucune souplesse et adaptation (l’agilité aujourd’hui impossible ce dont la direction rend les accords collectifs responsables au prix d’un culot toujours aussi désinhibé). C’est donc bien malgré la direction générale que nous aurons produit les résultats annuels 2016 détaillés ce 16 février !

Sans compter que le contexte géopolitique et politique aura été particulièrement défavorable. Le tourisme a été exceptionnellement réduit en France en 2016. Il y a là un fait conjoncturel tout à fait exceptionnel à la portée majeure qui ne peut servir de justification à un nouveau plan de réduction des coûts. Pas plus que les cours du brut d’ailleurs ! Les prix ont suivi sa décrue ? Gageons qu’ils suivront leur remontée sauf à faire chanter les gogos ! Les premiers résultats pour janvier attestent que ce douloureux épisode est derrière nous et que les passagers d’Asie reviennent ! Et si AF n’en voit qu’à hauteur de 2,5 % de hausse pour 8 % à KLM, là encore peut-être y a t il à se demander si la fuite de nos lignes vers KLM n’y participe pas grandement. Là encore, c’est bien une conséquence de la politique industrielle décidée par la direction. Celle-ci, toujours emprunte d’une culture exclusivement financière persiste dans sa conviction que les salariés d’Air France sont une charge et pas une force. Elle continue d’ânonner son antienne avec la dette et les fonds propres. Mais qui croit que le « marché » sera jamais suffisamment satisfait des sacrifices que nous aurons consentis ? Les bons élèves allemands et anglais ne sont-ils pas eux aussi le théâtre des mêmes chantages bien qu’ils soient bénéficiaires depuis plusieurs années ? La direction fait-elle la démonstration que son plan ainsi conçu est indispensable et adapté ? Non, bien sûr !

Difficile pour ALTER de commenter un accord dont et le SNPL et le SPAF, impliqués dans les négociations, témoignent de la volatilité. Mais si nous avons respecté le besoin des uns et des autres de laisser sa chance à la négociation ou d’obtenir des éléments chiffrés, notre conviction militante était faite. Nous espérons avoir fait la démonstration de notre respect et de notre loyauté. Aujourd’hui est venue l’heure du seul constat qui s’impose : il faut refuser le projet de la direction et réorienter le projet d’entreprise dans le sens des revendications soutenues pour l’ensemble du personnel ! Les négociateurs du SNPL et du SPAF doivent prendre du recul, ce même recul que la direction s’efforce de leur interdire dans l’idée d’une signature précipitée. Il est question de préserver une entreprise de sa direction générale, il est question de rétablir les salariés dans leur légitimité, il est question de l’avenir d’un fleuron industriel.

Boost ne payera pas ses avions, nous les lui fournirons. Boost ne créra pas de lignes. Boost n’assurera pas sa logistique, nous la lui fournirons. Boost ne fera que diminuer la taille relative des opérateurs, perte des économies d’échelle à la clé.

Avec Boost, nous n’avons absolument aucune garantie de retour sur investissement. A durée indéterminée, l’accord acte de notre renoncement à vie pour satisfaire les intérêts de court terme de certains. Le risque de démantèlement d’Air France par vente à la découpe est évident (SERVAIR, AMADEUS, DGI). Transavia fait la démonstration que ces filiales à nos portes assorties du chantage à la peur (concurrence, rentabilité moindre que les autres, etc.) sont des motifs sclérosants de mise en concurrence des salariés entre eux, ce qui interdit la fameuse agilité recherchée par défiance ! Ces « laboratoires » ne sont que des vecteurs de casse sociale.

Interne ou externe, Boost a pour seul objectif la perpétuation de plans de réductions des coûts successifs dont il ne peut plus être question tant nous sommes arrivés à l’os en matière d’effectif opérationnel ! Symbole de cela : l’avion de base redevient l’A320 ET le B737 ! C’est la direction qui décide où elle affecte les embauchés à qui elle donne un an pour accepter l’offre. Or les grilles OPL TOF... ALTER vous l’a écrit, Terner ne devrait pas oser parler à son profit de contrat unique.

Pour en finir avec la tentation de l’externalisation vers une low cost, voyez comme TOF n’a fait que démontrer, depuis sa création en 2007, sa capacité à ne générer que des pertes alors même que la maison mère, lui a payé ses avions et assure une grande partie de sa gestion administrative ! Que deviendrons-nous lorsque les passagers, lassés par un service devenu famélique (personnel d’accueil, service à bord etc.) ne trouveront effectivement plus la moindre satisfaction particulière à recourir à Air France ? C’est un risque absolument fondamental à ne pas prendre !

Amis négociateurs du SNPL et du SPAF, merci de tous vos efforts. Mais vous savez aujourd’hui quels objectifs la direction poursuit, chiffres à l’appui. Il faut prendre du recul. Il n’est plus question de permettre à tel ou tel directeur de sauver la face (le pauvre) ! Il est question de notre avenir professionnel et de nos conditions de travail, sans oublier notre « après le travail » c’est à dire la retraite. Et l’on parle bien peu de CRPN...

La démonstration vous a été faite des intentions de la direction : faire payer les salariés. Les négociations ont eu leur chance et la direction aussi. Malgré les écrans de fumée, chacun sait que Trust Together, c’est Perform poussé plus loin que Juniac ne le fantasmait (NewCo à CDG sur MC et LC), solde de Transform à la clé ! Bingo !

Dans le cadre des négociations du projet « Trust Together », le SNPL AF a appelé les pilotes à participer à une consultation en ligne portant sur le projet de création d’une nouvelle compagnie aérienne long et moyen-courrier « low cost », nom de code Boost, et dont la flotte serait composée d’avions prélevés sur celle d’Air France.

Sur la forme,
ALTER vous laisse prendre connaissance des modalités de participation contenues dans le tract ad hoc. Nous attirons néanmoins votre attention sur le peu de temps qui est laissé pour y répondre. Cette contrainte apparaît évidemment liée à date de publication des résultats financiers d’AFKLM le 16 février 2017 et à la volonté autant subite que mystérieusement tardive du directeur d’AF de rendre son rapport à ses maîtres à l’occasion du Conseil d’administration du 15 février. Et d’une le zélateur doit montrer ses talents d’âpre et inflexible négociateur, et de deux, il vaut mieux ne pas signer une saignée après confirmation de la guérison du mourant !

Sur le fond,
le projet de création de la « low cost » Boost, figure de proue du projet Trust Together - nouveau nom du plan Perform 2020 et du solde de Transform -, n’est en définitive qu’un nouveau cheval de Troie, après TOF sur Orly, ayant pour objectif non avoué la poursuite du démantèlement d’Air France.

Après qu’elle ait tenté de filialiser entièrement notre Maintenance, sans succès pour le moment grâce à la mobilisation exemplaire et unitaire de ses salariés et organisations professionnelles, qui peut croire un seul instant les promesses de la direction en matière de périmètre d’Air France « mainline », comme elle prénomme dorénavant notre entreprise ? Qui peut encore croire un seul instant que Boost « externe » ne cannibalisera pas, saison après saison, les lignes LC et MC de sa maison mère « principale » aujourd’hui, « minimale » demain ?

Nous, salariés, n’avons pas fait le 5 octobre 2015 pour ça. Nous, salariés, n’avons pas vu 5 de nos collègues sol se faire licencier pour ça. Nous, salariés, n’avons pas vu 12 de nos collègues se faire sanctionner pour ça. Nous, salariés, n’avons pas « licencié » un PDG (Juniac) pour ça. Nous, salariés, n’avons pas démis de ses fonctions un autre PDG (Gagey) pour ça.

Revenons sur les mensonges répétés de ces dernières années :

  • Septembre 2015, sans la signature de Perform2020, AF allait devoir licencier 300 pilotes pour rester en vie...
  • Printemps 2016, sans la signature de Perform2020, AF ne pouvait pas réceptionner les B787...

POURTANT :

  • Après de fréquents passages non loin de la banqueroute, le 16 février 2017, le REX d’AFKLM avoisinera les 1 milliard d’euros pour la seconde année consécutive...
  • Été 2017, AF ouvrira, entre autres, huit lignes MC, d’autres LC, alors que Trust Together n’est toujours pas signé...
  • Les avions sont commandés et entreront en flotte quoi qu’il advienne, comme les 787 !
  • Pourquoi devrions-nous payer les avions par une dégradation de nos contrats de travail ? Est-ce le cas chez KLM ?

Revenons également sur le non-respect par la direction des accords successifs :

  • Prod Balance entre AF et KLM (encore +4 % de SKO pour KLM en 2016, -1,5 % pour AF !)...
  • 116 coques MC AF dans T15 contre 106 aujourd’hui... puis 80 demain avec Boost MC...
  • TOF interdit de CDG et de long courrier par accord : la direction prévoit simplement d’en remplacer le nom par NewCo pour mieux se parjurer !

Quel pilote est dupe ?

Ces certitudes, ces faits (lesquels ne sont donc plus les avertissements avisés d’ALTER à l’époque des négociations afférentes) doivent nous engager à rester mobilisés et déterminés à poursuivre le combat pour un avenir où la richesse serait partagée entre tous et non captée par une poignée de privilégiés (n’oublions pas le symbole des +65 % d’augmentation de Juniac pour 2016 en guise de récompense pour les bons résultats obtenus, alors que nous, salariés, pilotes, supportions tous les efforts !).

Les hauts directeurs (pour ne parler que d’eux) ont érigé en devise l’Immoralité : prenons le tableau définissant les objectifs pondérateurs de la rémunération de la part variable du PDG AFKLM (ça sera du même tonneau pour les autres). Le déploiement d’un tel projet l’intéresse directement en les termes qui suivent s’agissant de la part variable de sa rémunération : 20 % = Perform2020 accompli, ie TT aujourd’hui ; 50 % = augmentation de l’Ebitda, ce qui sera fait grâce à nous ( +4,5 %), par notre travail ET la baisse de la masse salariale consécutive ; 10 % = ponctualité et régularité (vous comprenez pourquoi c’est devenu un paramètre obsessionnel ?)... grâce à nous encore, les pilotes, sans oublier nos autres collègues PNC et PS.

Tous ces éléments sont disponibles sur le « Document de référence 2015 » disponible en page « finance » du site « corporate » d’Air France. Cela aurait dû inviter M. Terner à davantage de retenue lorsqu’il a écrit combien les efforts sont partagés à tous les niveaux de l’entreprise.

Qui peut croire que l’on peut voler avec des collègues navigants dont on a accepté le sacrifice ?
Qui peut croire qu’on s’assure une retraite avec le recrutement de PNC bradé ?
Qui peut croire qu’une filiale ne court jamais le risque d’être revendue (avions ET personnel) ?
Qui peut croire qu’une filiale à contrat social cassé ne sert jamais à mettre la pression sur les salariés de la maison mère ?
Qui ne connait pas Transavia ?

Si ALTER peut concevoir l’étude de modifications de certaines règles d’utilisation, au cas par cas et dans l’hypothèse où la direction aurait eu une idée géniale et modeste en termes de programme de vols, nous tenons à réaffirmer ceci en parallèle : si le projet d’un Boost « externe » venait à être abandonné et celui d’un Boost « interne » à apparaître, il n’en resterait pas moins que nous n’accepterions en aucun cas, même dans ce nouveau cadre, une quelconque dégradation du contrat social pilote d’Air France, quand bien même répartie sur toute la population !

Est dorénavant venu le temps du progrès social à l’heure où Air France et KLM publieront d’excellents résultats financiers, à l’heure où notre haut encadrement continue et continuera à se gaver de primes et autres médailles sonnantes et trébuchantes pour bons et loyaux services rendus !
Est dorénavant venu le temps de revendiquer, ensemble, au sein de notre profession de pilotes, mais sans oublier et pas au détriment des autres catégories socioprofessionnelles de l’entreprise, réunies au sein de l’Intersyndicale Air France, pour un juste retour sur investissement depuis tant d’années d’efforts : emplois, respect des accords sur les Prod balances, développement et non dissolution de notre flotte propre, arrêt de la sous-traitance synonyme de dégradation de l’exploitation et du recul du niveau de notre Sécurité des Vols, augmentation de notre rémunération afin de compenser l’inflation de ces dernières années non répercutée sur notre grille salariale à l’occasion des Négociations Annuelles Obligatoires (NAO).

Cette précision déclinée, il est important de comparer le projet actuellement sur la table et les revendications constantes de l’ISAF depuis un an et demi reproduites ci-après :

Rééquilibrage de l’activité MC et LC entre AF et KLM,
augmentation en propre de la flotte avion Air France, tant sur MC que LC,
embauches conséquentes PS, PNC et PNT,
augmentation générale des salaires (bloqués depuis 5 ans),
arrêt de la sous-traitance des lignes et activités propres à Air France,

Laquelle de ces revendications a été satisfaite ? A quel moment les salariés de l’entreprise ont-ils enfin pu constater la prise en compte de leur protestation constante, celle de la fierté d’exercer leur métier que la direction leur vole ?

Cela nous amène à la seule conclusion qui vaille : Pilotes, participez massivement à la consultation organisée par le SNPL. Répondre NON à la consultation, c’est-à-dire refuser la création d’un Boost « externe » bâti sur la vampirisation d’une partie de notre outil de travail et de notre réseau, serait le premier acte de résistance face à cette « nouvelle » direction qui ne fait, en réalité, que reproduire les politiques dogmatiques du tandem justement honni Juniac/Gagey.

Pilotes, soyez convaincus et convainquez vos bureaux syndicaux !
Adressez à la direction un message des plus clairs en répondant

« NON »

à la question
« approuvez-vous l’externalisation d’une partie de l’activité ET de la flotte long et moyen courrier d’Air France dans une nouvelle structure ».

Rappel des modalités :

Vous avez reçu dans vos casiers une enveloppe à votre nom comprenant vos identifiant et mot de passe afin de voter sur le site

https://vote77.neovote.com

Si vous n’avez pas l’occasion de passer au casier (vacances obligent par exemple), vous pouvez envoyer depuis votre adresse électronique professionnelle (exemple : jedupont@airfrance.fr) un courriel à

baf@snplfalpa.org

en fournissant un numéro de téléphone ou de préférence une adresse électronique personnelle afin que le SNPL puisse vous renvoyer vos identifiants.
En cas de difficulté de connexion, un support technique est à votre disposition au numéro vert 0800.808.900 (service et appel gratuits) ou au 05.56.42.72.47 (tarif d’une communication nationale).