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De Transavia France à BOOST

1er mai 2017

De Transavia France à BOOST
... et des leçons vitales à en tirer !

Les tous derniers avenants signés par le SNPL AF touchant au périmètre de TOF, tant sur le plan commercial avec l’ouverture, entre autres, au programme Flying Blue que sur le plan de son périmètre d’activité avec la pérennisation de trois lignes MC couplé, pour la première fois et pour un an, à l’ouverture en « wing to wing » d’une ligne LC AF, en l’occurrence ORY/BEY, ne sont certes pas des plus engageants en terme de préservation des prés carrés d’Air France et des passagers de son Hub de CDG en particulier.

En regard de l’acceptation de ces largesses périmétriques de toutes sortes est opposé l’augmentation de la grille salariale des OPL de TOF.

En résumé, est en jeu, d’un côté, la préservation du périmètre d’activité d’Air France, de l’autre, l’amélioration des conditions de rémunération de nos collègues OPL détachés chez TOF. Dilemme certain...

Le cas de conscience aura du mal à trouver une issue satisfaisante tant le cas qui l’occupe provient en réalité d’une situation frelatée qui plonge ses racines rances dans le passé, plus précisément en 2007, année de la création de Transavia France.

À partir d’un tel objet industriel et social intrinsèquement défaillant, il était probablement difficile de trouver un cautère convenable.

Rappelons à cette occasion l’historique de cette entité industrielle « low cost » créée à nos portes : bilan comptable plus que négatif depuis sa création, ferment de la grève pilote de septembre 2014 et, aujourd’hui, développement (sans fin ?) de son réseau d’activité allant bien au-delà de ses premières destinations « soleil ». Le seul argument qui nous est opposé pour tenter de faire passer la pilule est celui de l’occupation des créneaux d’Orly afin d’empêcher d’autres « low cost » de s’y développer. À ce prix-là, nous ne doutons pas du fait qu’Air France aurait pu remplir en propre cet objectif.

Au final, nous pouvons assurément juger plus que négatif pour Air France, ses finances (achat de B737 neufs au lieu d’une flotte A320 en concordance avec AF, pertes financières sèches renouvelées depuis bon nombre d’années), son outil industriel (suppression de 40 A320 à AF), ses emplois pilote (suppression d’environ 600 pilotes AF pour 100 embauches nouvelles au sein de TOF), cette filialisation « low cost » d’une partie de notre activité moyen courrier.

Mais à toute chose malheur peut être bon, si l’on en tire leçons et conséquences pour l’avenir. Si tel ne devait pas être le cas, alors l’erreur suivante serait à considérer comme une faute.

Et cette faute pourrait survenir dans les tous prochains jours si la profession devait laisser se créer, sur son principal terrain de jeu, la plate-forme de CDG, deux entités « low cost » MC et LC, BOOST en l’occurrence.

Cette « New Co » (ou ce Nouveau Cheval de Troie) n’aura d’autres ambitions que de dépouiller, année après année, nos deux réseaux au motif INVÉRIFIABLE que telle ou telle ligne sera non rentable. Après sa période d’installation, fin 2020, ne doutez pas que la direction du moment saura appuyer là où il faut pour agrandir son terrain de jeu, comme elle a su le faire pour TOF et ses destinations « soleil » (!). Quant à ses bilans comptables, gageons qu’ils seront, eux encore, INVÉRIFIABLES (qui financera la location des avions, en particulier des flambants neufs A350 ? combien seront loués les pilotes AF, le PS, les services du CCO, etc. ?) !

Alors, pilotes, en particulier ceux qui ont voté OUI à la consultation du SNPL pour laisser du temps à la réflexion sur le sujet (et d’autant plus que les conditions de base de la consultation ont sensiblement évolué depuis : lire ci-après), à vous maintenant de faire connaître votre position au Bureau du SNPL AF si d’aventure vous aviez changé d’avis et pensez que la création de deux entités « low cost » à nos portes supplémentaires, dont le seul aliment serait notre propre corps et cœur d’activité, était une erreur majeure. A vous, donc, collègues, d’aider la profession dans un choix qu’elle aura à prendre très prochainement et qui pourrait s’avérer être un tournant encore plus historique que la création de TOF et potentiellement encore plus catastrophique sur le plan du périmètre tant industriel que social.

Les tout derniers avenants signés par le SNPL AF, outre le bénéfice pour les OPL de TOF, auront eu en plus, nous l’espérons, le mérite de mettre une fois de plus à contribution notre intelligence, entre autres celle de faire machine arrière sur un projet destructeur à terme pour notre entreprise, Air France.

D’autant plus que depuis, après la publication juridique du professeur Lyon-Caen pointant un risque avéré de délit de marchandage pour BOOST, la direction d’AF a été contrainte de revoir très rapidement sa copie.

À la lecture de « L’actualité pilotes »du 5 avril dernier, il s’avère que la direction fait évoluer de manière substantielle différents périmètres de BOOST : commercialisation de sa flotte auprès d’autres fréteurs qu’Air France, ouverture de nouvelles lignes avec numéros de vol propres, positionnement sur de nouvelles destinations exposées aux « low cost » LC (toutes les destinations ne sont-elles pas susceptibles d’être « exposées » ?) qui laisse présager des transferts de lignes tels le ORY/JFK actuellement opéré par AF (à l’image de ce qui se passe avec TOF depuis sa création), voire de lignes exploitées directement depuis CDG vers les USA pour « empêcher » (la fameuse excuse fallacieuse) Norwegian, par exemple, de s’y développer... Et alors même qu’Air France est aujourd’hui dans l’incapacité d’ouvrir en propre une « simple » ligne telle le CDG/Taipei pour cause de sous-effectif pilote !
Sans parler de la « précision » sur le statut des personnels « BOOST »... ouvrant de manière officielle les activités sol à la sous-traitance alors qu’une fois de plus le projet initial était bâti sur l’utilisation de personnels sol Air France.
Foulant au pied, déjà, les premiers engagements, la prose de la direction démontre que ce projet d’externalisation de notre activité est un nouveau cheval de Troie porteur d’ambitions industrielle et sociale bien plus mortifères que ce qu’il voulait bien avouer jusqu’à présent. Car qui peut croire que ce soient de « simples » considérations juridiques qui aient motivé la direction à sortir aussi rapidement de son chapeau de telles « évolutions », comme elle aime à écrire ?!?

Le rapport d’expertise juridique du professeur Lyon-Caen a donc eu un grand mérite en ce qu’il a forcé la direction à dévoiler en avant première, si je puis dire, le véritable visage du projet « BOOST » : une entité ayant pour objectif de vampiriser petit à petit le patrimoine d’Air France, pour son propre compte, voire, à terme, de la concurrencer directement sur son Hub de CDG.
Il est donc impératif que la profession se mobilise dès à présent, par quelques canaux que ce soient, à l’orée de l’avènement d’un nouvel accord Pilote Air France, POUR le développement d’Air France en propre (car, qui peut encore croire après tant d’ultimatums fantoches que les B787 et A350 ne viendront pas soulager notre entreprise dans un marché en pleine croissance ?) et CONTRE son démantèlement programmé avec la création de BOOST !