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Du Syndicalisme, tout simplement … et pourtant !

24 octobre 2018

Du Syndicalisme, tout simplement
… et pourtant !

« NAO
Ne pas donner raison à l’Intersyndicale par un quelconque geste. Jusqu’à ce jour cela a été fait et nous en remercions Monsieur Gateau.

Si vous voulez garder des interlocuteurs forts, respectueux de l’entreprise et capables de faire avancer les accords d’entreprise, il ne peut en être autrement.

S’il doit y a voir un geste salarial en fin d’année, il ne peut mettre en péril les syndicats responsables comme le nôtre… Dans le cas contraire, notre syndicat ne sera plus là pour vous accompagner.

Pour les personnels que nous représentons, la négociation sur les salaires devrait se faire lors de la NAO 2019, sans revenir sur le passif de l’intersyndicale.

Avec une base de départ pour l’augmentation générale de 2,5 % qui est inflation de 2018. »

Défendre les intérêts collectifs et individuels des salariés représentés, à court et long terme, devrait sonner comme une évidence au sein de chaque organisation syndicale, et pourtant...
Respecter la séquence de recueil des besoins en progrès social pour les salariés, établir les axes de revendication, et surtout ne pas trahir celles et ceux qui ont placé leur confiance dans des organisations professionnelles apparait nécessairement comme une ligne intangible, et pourtant...

Et pourtant, comme l’article de Mediapart nous le révèle (https://www.mediapart.fr/journal/fr...) en publiant le courrier reproduit ci-dessus envoyé à la direction d’Air France, il arrive que certaines lignes de l’absurdité soient franchies pour quelques calculs politiques improbables par certaine organisation syndicale, en l’occurrence… la CFE-CGC-UNAC.

Ceci n’est rien d’autre qu’un lobbying hallucinant de la part d’un syndicat dans le seul but de préserver sa « crédibilité » et son « potentiel électoral » au détriment du progrès social pour l’ensemble des salariés, les leurs compris.

Ce que nous suspections depuis le début, s’avère aujourd’hui une réalité : outre les postures dogmatiques de la direction empêchant tout dialogue social serein depuis plusieurs années, à l’approche des élections professionnelles, la politique politicienne s’est bien invitée dans notre conflit salarial. Cet interventionnisme anti-démocratique, mâtinée de préoccupations individualistes, électoralistes et opportunistes a manifestement et malheureusement trouvé écho au sein de l’ancienne équipe dirigeante… malheureusement parce qu’elle aura coûté quinze jours de grève et quelques 300 millions d’euros à l’entreprise.

La question du jour est donc : est-ce que M. Benjamin Smith résistera aux sirènes de l’irresponsabilité sociale en accédant lui aussi aux injonctions hallucinantes de ce pseudo syndicat ? Saura-t-il reconstruire un dialogue social sain et serein avec les salariés d’Air France, et en particulier les pilotes, afin d’ouvrir une séquence industrielle ambitieuse et progressiste pour l’entreprise ? La réponse dès demain, après la seconde réunion de négociation salariale (relire le compte rendu de la première en édito).

Néanmoins, ALTER tient à réaffirmer que son principal adversaire reste et restera la Direction d’Air France, même si certains syndicalistes ont manifestement perdu la raison et le sens du bien commun emportés dans leur élan par de bas calculs politiciens à l’approche des élections.

C’est dans ce contexte « quelque peu particulier » qu’ALTER, au sein de l’Intersyndicale Air France, entame la dernière ligne droite des négociations salariales devant nous mener au juste rattrapage de notre pouvoir d’achat. Benjamin Smith et son nouvel état-major le savent, ce bon dénouement est un préalable nécessaire aux futures discussions liées au projet industriel d’Air France pour les prochaines années. La constance, la détermination et l’esprit responsable de l’Intersyndicale Air France permettront à la compagnie d’avancer, poussée par le professionnalisme et l’investissement enfin récompensés des salariés, pilotes en particulier.

Et ALTER saura prendre sa juste part à cet avenir, sans arrière-pensée, en faisant ce qu’il a toujours fait sans complaisance, à savoir… du syndicalisme, tout simplement.

En attendant, restons mobilisés et déterminés à faire valoir notre légitime revendication salariale, soit + 5,1 % sur nos grilles salariales au titre du rattrapage de l’inflation entre 2012 et 2018.