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Ecrivez à votre député(e)

21 septembre 2014

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Dans le cadre de notre mouvement, vous pouvez nous apporter une aide précieuse en adressant directement un courrier de sensibilisation à votre député(e).

Vous trouverez ci-après, un mode d’emploi pour effectuer rapidement et simplement cet envoi.

1 - Recherchez votre député(e) sur le site de l’assemblée nationale.

2 - Dans la fiche de votre député(é), cliquez sur le lien :
Contact puis Écrire à (Nom de votre député)

3 - Copiez le texte de la lettre ci-dessous en indiquant l’objet du mail :
Lettre d’un salarié d’Air France

Madame ou Monsieur le Député,

Les pilotes de la compagnie Air France ont entamé un mouvement de grève le lundi 15 septembre dernier. Il s’agit du mouvement le plus important depuis 1998.

Ce genre d’évènement n’est jamais décidé et ni entrepris à la légère ou de gaité de cœur.

Ce mouvement répond aux provocations sans précédent du Président Alexandre de Juniac vis à vis des pilotes de ligne d’Air France et plus généralement de tous les salariés de l’entreprise.

La détermination des pilotes est si forte que cette grève est suivie par quatre pilotes sur cinq.

Sur la forme, le choix du Président d’Air France/KLM de ne pas respecter les accords en vigueur, d’afficher un mépris vis à vis de l’ensemble des salariés en considérant qu’ils ne comprennent pas les enjeux, de fixer les points de sortie « non négociables », pose les bases d’un dialogue social d’un autre âge.

Sur le fond, et en dépit des mensonges de la direction de la compagnie, le projet de création de Transavia Europe constitue bel et bien une délocalisation des emplois de pilotes vers des états membres moins disant socialement. Quant au développement annoncé de Transavia France, il s’agit ni plus ni moins d’une externalisation et d’un transfert de l’activité d’Air France.

En outre, la direction d’Air France annonce être prête à investir dans un premier temps un milliard d’euros et provisionne un autre milliard pour mener ce projet, ceci alors même que la capitalisation boursière de l’entreprise est d’environ deux milliards et demi d’euros.

Il ne fait désormais aucun doute que les efforts entrepris depuis deux ans, à hauteur de 20 % de la masse salariale, par les salariés d’Air France dans le cadre de Transform2015 – efforts consentis pour améliorer les comptes de l’entreprise, réduire son endettement et permettre le retour à la croissance – servent aujourd’hui à la direction pour le financement d’un projet qui vise à la délocalisation de leurs emplois.

Par-delà cette dangereuse spirale, se profile à très court terme une baisse des ressources fiscales et sociales de notre pays, l’activité économique des bases européennes de Transavia Europe échappant aux cotisations françaises. Citons notamment un risque potentiel d’explosion de la Caisse de Retraite du Personnel Navigant de l’Aviation Civile.

A l’évidence, cette situation pose la question plus globale des charges qui pèsent en France sur le travail d’une manière générale et sur le Transport Aérien en particulier. Face à cette difficulté, les dirigeants d’entreprise cherchent à réduire les écarts de compétitivité en agissant, dans le meilleur des cas sur la qualité des contrats français et, dans le pire, en les délocalisant.

A ce sujet, je me permets de vous renvoyer vers le rapport Pisani Ferry publié l’année dernière. A la différence de l’Allemagne, le gouvernement français ne s’est malheureusement pas encore saisi des problématiques soulignées par ce rapport. Dans le même esprit, je vous rappelle l’existence du rapport du Sénat intitulé « Le droit en soute : le dumping social dans les transports aériens ».

Nos organisations professionnelles n’ont pas l’occasion d’être aussi présentes que la direction de la compagnie pour rétablir en externe une vérité quotidiennement bafouée avec une morgue qui ne peut que scandaliser le plus modéré des pilotes.

En interne, les explications que nous parvenons à donner aux salariés du Groupe Air France amènent aujourd’hui les pilotes néerlandais du Groupe Air France KLM, légitimement inquiets de la tournure prise par les évènements, à soutenir notre mouvement. Les hôtesses et les stewards viennent d’écrire au Premier Ministre pour lui faire part de leur menace de déposer également un préavis de grève. D’autres organisations syndicales pourraient bien leur emboiter le pas.

Au-delà des questions inhérentes au seul Groupe Air France, nos collègues allemands de la Lufthansa sont engagés dans un conflit similaire. La différence entre nos deux pays demeure que les pilotes allemands ont été en capacité de lever leur préavis, la direction de la Lufthansa semblant prête à reprendre les discussions.

En prenant de front les pilotes, sans négociations dignes de ce nom et en stigmatisant une population dans un contexte économique difficile, tout était réuni pour rendre le conflit inéluctable.

Pourtant, les pilotes d’Air France ont toujours montré leur capacité à accepter des évolutions dans leur contrat en fonction des mutations économiques. Ils ne sont pas opposés à ce que le Groupe se réforme et avance sur le terrain du low-cost. Cependant, cette remise en cause du modèle social existant ne saurait s’affranchir des dispositions conventionnelles en vigueur.

Il est par conséquent important que la représentation nationale puisse au plus vite se pencher sur ce qui pourrait très rapidement devenir un épouvantable gâchis.

Par ce courrier, je souhaite donc attirer votre attention sur les raisons de fond qui ont conduit à ce conflit et espère que vous serez en mesure de porter le dossier devant le Gouvernement et le Parlement afin qu’il trouve une issue favorable.

Dans cette attente,

Recevez, Madame ou Monsieur le Député, l’assurance de toute ma considération,

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