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Il est l’heure d’obtenir notre part de richesse !

23 mars 2017

« Si nous demandons une concurrence plus équitable et un environnement social et fiscal moins pénalisant, c’est parce que nous ne voulons pas que cela soit des justifications internes pour ne pas bouger et ne pas faire d’efforts. Clairement, nous sommes d’accord avec tout ce qui a été dit ici, mais il faut, en même temps, que l’ensemble des personnels de la compagnie Air France accepte une évolution des conditions de travail, dans la façon de s’organiser, qui aille de pair avec les efforts qui ont déjà été faits par ailleurs dans le passé, mais qui ne sont pas suffisants pour rendre le cadre français plus concurrentiel. Il faut que les deux avancent. »

Jean-Marc JANAILLAC, le 21 mars 2017, table ronde organisée par l’AJPAE (Association des Journalistes Professionnels de l’Aéronautique et de l’Espace)

Manifestement, J.M. Janaillac n’a toujours pas compris ou, plus probablement, a décidé de ne pas entendre ce que sont les revendications actuelles des pilotes et plus généralement de l’ensemble des salariés d’Air France, revendications qui peuvent se résumer ainsi :

Le temps des « efforts » est révolu, il fut celui du passé comme rappelé à bon escient par notre PDG lui-même, et aujourd’hui est venu celui du Progrès Social à l’appui des bons résultats de l’entreprise depuis 2015, des bons résultats déjà engrangés depuis début 2017 et des augmentations à « deux chiffres » des principaux dirigeants de l’entreprise.

Pour en revenir à cette fameuse augmentation à « deux chiffres » du COMEX, ALTER aurait bien voulu se laisser aller à affirmer que rien n’était plus normal, si... Car cette augmentation tendrait à emprunter une voie vertueuse, celle du respect pour ceux qui contribuent à créer la richesse d’Air France jour après jour, si...
Mais le « si » ne viendra pas, en tout cas pas tout seul, pas sans que nous l’exigions d’une vive et forte voix ! Car la logique d’une juste répartition des bénéfices est sérieusement mise à mal dès lors que l’on inflige une NAO à 0 % (Négociations Annuelles Obligatoires) ou quand il nous est donné à lire, dans le même temps, des prises de positions de personnes qui viennent tout juste de se gaver d’une partie de ladite richesse, ici représentées par J.M. Janaillac, intimant que les efforts passés des salariés d’Air France « ne sont pas suffisants pour rendre le cadre français plus concurrentiel » !

Outre le fait que nous avons quelques difficultés à définir avec précision ce que pourrait être ce « cadre français » (serions-nous subitement devenus dépositaires de l’avenir industriel de toute la sphère aéronautique française ?),

Cette nouvelle tentative de mise sous pression des salariés d’Air France porte en elle une « vérité » que nos financiers souhaiteraient nous voir faire nôtre et contre laquelle il faut définitivement nous vacciner, pour définitivement ne plus en avoir peur, contre laquelle il faut mobiliser toute notre intelligence, toute notre énergie combative... celle qui veut que notre avenir social n’ait dorénavant d’autre choix que de se conjuguer au « futur régressif » !

A l’heure où le trafic international, européen, français s’attaque avec constance à des dénivelés positifs, où le prix des billets d’avion vendus en France est en augmentation de 1,9 % sur un an (augmentation soutenue sur les réseaux domestiques et à l’international LC, hormis Afrique LC – source DGAC), où le prix du carburant s’est stabilisé autour des 50 $, où les remplissages sont historiques (alors qu’on nous rebat les oreilles avec les prix toujours trop élevés de nos billets, que nous remportons prix sur prix pour notre service à bord…), que nous ne sommes toujours pas en mesure de développer pleinement nos capacités commerciales du fait du sous-dimensionnement des effectifs pilotes,, mais aussi PNC et PS, que l’accord censé maîtriser le développement parallèle et équilibré des activités LC d’AF et de KLM – accord de Production Balances - est quotidiennement bafoué au profit de KLM… il serait socialement incompréhensible, pour les pilotes, de ne pas revendiquer une amélioration de rémunération ainsi que de nos conditions de travail !

Concernant le périmètre d’activité d’Air France en regard du projet portant création d’une Nouvelle Compagnie que nous prénommerons « New Canasson de Troie », là encore il nous faut être ferme et définitif sur les prix : Air France n’a absolument pas besoin d’une telle entité « low fare », « low cost »… dans son pré carré. De plus, nous savons tous que les protections périmétriques sont chimériques et vouées à être mises à bas (Transavia France est là pour nous le rappeler, s’il fallait lui trouver une utilité), avec le risque corolaire de voir nos activités LC et MC se faire progressivement et de plus en plus aspirer sous couvert de « non-rentabilité » invérifiable par cette nouvelle entité. Une fois atteinte une taille critique, tant sur le plan de l’activité industrielle que de nos carrières, son modèle « low-tout-court » viendra s’imposer petit à petit à toute la structure Air France par le biais du contrat unique. Car nous croyons fermement que cette « New Canason de Troie » n’a pas vocation à faire « officiellement » du profit (si tant est qu’elle en fasse réellement un jour), mais bien plus à se maintenir la tête juste hors de l’eau, à la merci permanente de toute demande de revalorisation du contrat social pilote par les OPPNT (les PNC auront déjà été laminés). Comment alors revendiquer si nous menaçons à chaque revendication la survie d’une entité faisant dorénavant partie de nos carrières, de notre patrimoine industriel, et ce même si AF reste bénéficiaire ?

En regard, nous nous savons capables de mettre en œuvre, en interne, des services à bas coûts, le produit « COI » est déjà là pour nous le prouver. Et comme ALTER le rabâche depuis longtemps, s’il faut étudier des aménagements des règles d’utilisation pour des projets réellement novateurs et ambitieux, nous sommes ouverts. Nous n’attendons donc plus que les idées géniales et modestes en la matière... et non les vieilles recettes rances et inhumaines ne jurant que par la contraction sans fin de la masse salariale, la valorisation boursière, pour ne parler que de ça.

A l’heure où nos grands experts sont passés maîtres dans la ponction de bénéfices, mais moins dans le respect des accords et encore moins des lois, sur la concurrence non faussée dans le cargo par exemple, non-respect qui devrait nous coûter la bagatelle de 325 millions d’euros, à l’heure où ces mêmes gens passent leur temps à nous jeter à la figure du « faites ce que je dis, mais pas ce que je fais ! », ALTER n’aura de cesse de vous convertir à cette idée : soyons fiers de notre métier, du travail que nous effectuons tous les jours, malgré une ambiance sociale toujours sous pression, dans des conditions de vie quotidienne indignes (sécurité des vols mise en danger par des emplois du temps tendus, une fatigue chronique - lire article ci-après -, une problématique GP toujours présente, des plateaux-repas toujours médiocres, etc.), soyons fiers des résultats financiers d’Air France auxquels nous contribuons au quotidien, balayons la peur de tout perdre de notre conscience, la réalité est là pour nous en convaincre s’il le fallait, et nourrissons-nous de cette fierté pour mieux défendre, en toute légitimité, notre avenir et le progrès social qui lui est dû !

SOYONS FIERS DU TRAVAIL ACCOMPLI,

SOYONS FIERS D’AIR FRANCE,

N’AYONS PAS PEUR DE REVENDIQUER UN AVENIR MEILLEUR ET
REFUSONS TOUTE EXTERNALISATION
DE NOTRE ACTIVITE LC ET MC !