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Les Pilotes face au « Palu » : Le CHSCT-Pilotes s’en occupe !

22 juin 2017

Le CHSCT-Pilotes s’est réuni dernièrement - le 12 juin 2017 - au sujet du risque paludisme et des réponses qui peuvent y être apportées par la direction.

Il faut tout d’abord savoir que le paludisme à Air France c’est 10 à 12 cas par an avec malheureusement le décès d’un collègue CDB en 2013 et 5 cas depuis janvier 2017 !

Cette réunion était convoquée dans le prolongement de l’expertise sur le paludisme demandée par les élus pilotes du CHSCT afin que la direction présente ses axes de travail et de proposition.

Il est à noter que la direction d’Air France a été mise en demeure par l’Inspection du travail par courrier en date du 21 avril 2017 et doit répondre aux points soulevés par l’inspectrice concernant le risque palu.

La direction reconnaît sa responsabilité dans l’obligation de moyens renforcés concernant la mise en œuvre de procédures de prévention contre le paludisme (traitements des vêtements - uniformes et personnels - pendant la mission en zone impaludée).

Mais la direction, sous prétexte qu’obligation est faite aux salariés pilotes de mettre en œuvre ces mesures, propose la création de l’envoi d’un message (PilotPad ou via SMS) aux pilotes affectés à une rotation impaludée.
Le message contiendrait une question binaire « OUI/NON » pour mesurer la mise en œuvre des moyens de lutte contre le paludisme, à savoir la pulvérisation du produit sur les vêtements.
Du coup, les Représentants pilotes se sont interrogés sur ce qu’impliquerait une réponse négative d’un Pilote.
La direction confirme que dans ce cas la rotation sera retirée au pilote. Cela pose évidemment des problèmes par les conséquences managériales à prévoir : pertes financières pour les pilotes débarqués, risque de flicage et refus d’assumer ses responsabilités par l’employeur.
ALTER s’élève d’ores et déjà contre l’aspect coercitif de cette mesure et renouvelle son exigence que soit privilégiée la prévention à la sanction.

Au sujet des actes de prévention :

Pulvériser les vêtements 24 heures en amont d’un vol : la Médecine du travail nous informe que cette contrainte est due à une question d’odeur et non d’efficacité. Néanmoins, une demande d’information formelle auprès du fabricant va être réalisée pour lever le doute.

Du fait du danger du produit, la pulvérisation doit être faite dans une pièce ventilée (d’où l’impossibilité de le faire à bord). D’où le refus de la direction d’installer une pièce ventilée avec extracteur à la Cité.

Demande des représentants d’augmenter le nombre d’« Epimat » (distributeurs de kits de protection) et de les disposer au voisinage des zones de pointage. Le Comité a établi que la consommation de répulsifs est largement en deçà de ce qu’elle devrait être.

Pour les TDR (Test de Diagnostic Rapide), les représentants Pilotes ont proposé la mise à bord avec restriction d’utilisation par un personnel de santé. Cela permettrait que les autres membres de l’équipage incitent un collègue qui soupçonnerait un palu à faire le test.
La direction est extrêmement réticente à la mise en œuvre des TDR malheureusement.

Au sujet de la mise à disposition d’ordonnances médecin à bord pour faire réaliser un test de la goutte épaisse, la médecine AF se renseigne sur la réglementarité d’une telle mesure. Entre autres, parce que les symptômes peuvent cacher d’autres pathologies comme la pneumonie, d’où le grand intérêt de consulter quoi qu’il en soit un médecin.

De plus, la direction assure que depuis les derniers incidents graves « palu », le CCO est désormais proactif. Dès qu’un « palu » est détecté dans un équipage, les navigants ayant effectué les mêmes rotations sont prévenus… Nous l’espérons.

Les Représentants Pilotes au CHSCT-Pilotes ont décidé une expertise Paludisme afin d’obtenir un avis extérieur sur toutes ces questions.

Nous vous rappelons qu’il existe sous iPn, Santé-Carrière RH, onglet Risques du travail, une page Maladies Tropicales-Paludisme où vous trouverez différents renseignements et surtout la lettre à donner au médecin pour réaliser un test de la goutte épaisse.

ALTERdoute, de consulter un médecin en exigeant le test de la goutte épaisse !

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