Accueil > Grève > Les promesses de Juniac, avancées ou enfumage ?

Les promesses de Juniac, avancées ou enfumage ?

20 septembre 2014

JPEG - 34.8 ko

Notre cher Président s’adresse chaque jour à nous avec des mots tendres emplis d’incompréhension face à la grogne pilote, population qu’il avait pris l’habitude de tondre sans réaction.

Il se positionne en négociateur raisonnable, proposant des accords intermédiaires, des garanties, de la croissance, bref, du bonheur pour les pilotes.

Regardons de plus près si ces propositions sont à même de nous faire accepter qu’Air France décide d’investir le milliard d’euros économisé avec Transform 2015 sur le dos des salariés pour délocaliser notre activité hors de nos frontières, ou dans une structure vouée à de plus bas salaires.

« La maîtrise de la croissance, par exemple à 30 avions à l’horizon 2019, sur les destinations européennes au départ d’Orly. »

Cette belle pirouette pour nous faire croire que nous refusons la croissance. S’il faut le rappeler, le redire et insister, ALTER exige de la croissance, mais pas au prix du sacrifice de nos contrats sociaux et de l’actuel périmètre d’Air France !

« La maîtrise du contrat de travail de Transavia France au niveau du Groupe Air France : règles de rémunération, d’utilisation et de carrière, gestion de la liste de séniorité commune. »

Nous sommes toujours aussi clairs sur le sujet : Contrat unique « basé Paris » pour tous les pilotes du Groupe pilotant des avions de plus de 100/110 sièges.
Nous sommes ouverts à la discussion sur des règles d’utilisation spécifiques concernant l’activité particulière de Transavia.

« Le maintien du principe de volontariat pour tout pilote Air France en mobilité chez Transavia. »

Préférez-vous avoir deux bras de 10 mètres de long ou être suivis partout et toute votre vie par 30 canards ? Telle était la question de Pierre Palmade dans un de ses sketchs.
Préférez-vous rester OPL toute votre vie ou devenir CDB en acceptant une perte de 30 % de votre salaire, telle est la question de Juniac.

« Des mécanismes de carrière permettant notamment aux pilotes d’Air France volontaires de passer plus rapidement commandant de bord sur Transavia, le maintien transitoire, tant qu’un sureffectif pilote subsistera à Air France (???!!!), de la prime d’incitation pour un pilote d’Air France en mobilité chez Transavia. »

Mesure transitoire, tant que le sureffectif subsistera ! Mais de quel sureffectif parle-t-on ? En juin dernier, 9 % des OPL A320 étaient au MGA tandis que 12 % d’entre eux étaient en heures sup (sources DP juillet 2014) ; 5 % des CDB 320 étaient au MGA tandis que 45 % d’entre eux étaient en heures sup !

« Nous avons proposé à vos représentants de conclure immédiatement un accord intérimaire qui s’appliquerait pendant le temps nécessaire à la négociation. Cet accord préciserait que Transavia Europe ne desservira pas les aéroports identifiés comme pouvant porter le développement de Transavia France, Orly, Lyon, Nantes et Toulouse. Il conviendra de définir les règles de périmètre de Transavia France en cohérence avec le réseau d’Air France, l’objectif étant de s’assurer que les parts de marché soient bien prises sur les autres low cost. »

Cette proposition nous rappelle furieusement les conditions de création de Transavia France, et nous pouvons constater aujourd’hui où nous en sommes au niveau de la mise en concurrence entre les pilotes moyen-courrier du Groupe ainsi que de l’empiétement sans cesse croissant du périmètre de Transavia France sur celui d’Air France. Ne commettons pas deux fois la même erreur, au risque de connaître un nouveau chantage à la croissance dans les années à venir.

D’autres précisions sur la vie quotidienne n’ont pas retenu notre attention tellement elles sont dérisoires. Aucune avancée sur la gestion des effectifs, le paiement des heures de nuit et la réattribution des 3 jours de congé extorqués à l’occasion de Transform 2015 n’est à signaler.

Pour finir une proposition que la direction n’a pas faite et qui pourtant devrait attirer l’attention soutenue des pilotes alors que l’un des premiers postes de dépense d’Air France est l’achat de carburant :
« La direction annonce un investissement massif de 1 milliard dans la commande d’Airbus économes A320 NEO (environ -10 % de consommation) pour améliorer notre compétitivité sur le Cours et Moyen courrier, envoyant ainsi un signal fort au monde de l’aérien quant à la capacité d’Air France à réagir efficacement face à la concurrence et pour le bien-être de la planète. »

Pourtant, la veille du début de la grève, Juniac a trouvé 1 milliard pour acheter des B737 Transavia. Le lendemain, la direction parlait déjà de deux milliards ! 1 milliard voire plus, tout de suite… et dire que nous serions au bord du gouffre...

Pendant ce temps, LH, Vuelling ou et Easyjet passent commande de CENTAINES d’Airbus NEO à l’efficacité économique accrue : cette incurie dans la gestion intelligente et pertinente de notre flotte par notre direction n’est-elle pas, à terme, synonyme d’une condamnation du Cours et Moyen courrier d’Air France ?

Vous l’aurez compris, pour ALTER, le compte n’y est pas.

ALTER prolonge une fois de plus son préavis de deux jours, celui-ci court désormais jusqu’au lundi 22 septembre à 23 h 59.

Non au démantèlement de notre outil industriel !

Non à la mise en concurrence des pilotes du GAF entre eux !

Non à la négation de la valeur-ajoutée par les des salariés !

Soyez convaincus que notre mobilisation et notre détermination vont faire plier direction et gouvernement !