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Légitime revendication salariale « Consultation tous salariés » : la Justice Sociale doit l’emporter !

25 avril 2018

Qui n’en a pas connaissance sur Terre depuis que le rouleau compresseur médiatique a été mis en marche par la direction générale d’Air France ? Les salariés vont être directement consultés pour donner leur avis sur l’accord de la direction ouvert à signature le 16 avril.

Quel est l’enjeu réel de cette consultation ? Le voici :

D’un côté :
Une Intersyndicale intercatégorielle Air France (ISAF) réunissant 10 syndicats dont ALTER, le SNPL et le SPAF, et tous les salariés en lutte qui revendiquent 6 % d’augmentation des grilles salariales en guise des efforts passés et du rattrapage de l’inflation perdue depuis 2012 jusqu’à nos jours. Et qui, afin d’effectuer un pas vers la direction, a accepté de reprendre à son compte les chiffres de l’inflation de cette dernière, à savoir 3,8 % jusqu’à décembre 2017 et 1,3 % pour 2018, soit une nouvelle revendication « rattrapage depuis 2012 + 2018 » de 5,1 %.
De l’autre :
Une direction qui a déjà lâché 1 % supplémentaire sur 2018, alors que cela était soi-disant impensable quelques semaines auparavant, soit un total de 2 % pour cette seule année.
Pour ce qui est des années 2019, 2020 et 2021, la direction propose simplement, et pas plus, de verrouiller, et de conditionner à des indicateurs financiers « insondables », le taux de l’inflation à venir, soit 1,65 %, donc en rien un rattrapage des 5,1 % exigés !

Bilan des courses, il manque encore
5,1 % - 2 % = 3,1 % d’augmentation pour les salariés,
dont les Pilotes !

Voulons-nous faire cadeau à la direction de ces 3,1 %
quand on sait que :

  • le COMEX AFKLM s’est augmenté de 2012 à 2016 de 29 % ?
  • le COMEX AF s’est augmenté de 17 % en 2016 ?
  • Mme PARLY, après avoir dilapidé le Cargo… qui est à ce jour un secteur en boom économique… a touché 675000 € de prime de départ après avoir été rémunérée 60 000 € par mois ?
  • la masse salariale du COMEX AFKLM a augmenté en 2017 de 65 % ?
  • AF est pénalisé non pas par sa masse salariale mais par l’incurie passée de ses dirigeants : plus de 1 milliard d’€ partis en fumée à cause des amendes cargo et divers investissements foireux, dont Alitalia ; perte d’efficacité économique due au blocage dogmatique des QT et des embauches, de la fuite organisée de passagers d’AF vers KLM pour non-respect du partage d’activité LC entre ces deux compagnies, à la fatigue accumulée chez les pilotes et nous en passons… ?

POUR ALTER, L’ISAF ET DE TRES NOMBREUX PILOTES,
LA REPONSE EST NON !

Mais la direction, plus sournoise que jamais, tente un nième coup de bluff à l’image de son ultimatum avorté de Plan B et de ses 2900 suppressions de postes dont 300 de pilotes : la mise dans la balance de la consultation de la démission du PDFG d’AFKLM, M. Janaillac !

Pourquoi « bluff » ? Car, qui peut être assez crédule pour croire un seul instant qu’Air France ET KLM s’arrêteront de voler après la démission d’une personne de 65 ans, arrivée il y à peine deux ans à Air France et qui va de toute façon bientôt prendre sa retraite ? Qui ? Vous, pilotes qui êtes aux commandes des avions d’Air France depuis, pour certains, plus de 30 ans ? Vous qui passez des nuits, des dimanches, des jours fériés, des Noëls, des Jours de l’An à travailler et à créer la richesse d’Air France ? ALTER est persuadé que non, pas vous, pas nous…

Si M. Janaillac s’en va, il y aura négociation avec MM. Terner et Gateau… ou leurs remplaçants, car la lutte continuera. Il n’y a aucune raison que son départ change quoi que ce soit vu qu’il était jusqu’à l’heure aux abonnés absents. Air France, c’est avant tout un collectif de travail. Air France ne s’arrêtera pas de tourner en l’absence de PDG d’AFKLM (dont le nom du successeur doit, au passage, être déjà connu du gouvernement actuel)… ou alors il faudra annuler tous les vols.

Ensuite, M. Janaillac veut faire entendre SA voix, pour l’avenir d’Air France au travers de cette consultation ? Mais de quel avenir parle-t-il exactement ?
De celui qui passe par une entité tierce comme Joon, largement critiquée par les passagers habitués aux prestations Air France, symbole du PNC humilié et exploité et dont les résultats seront soigneusement noyés dans ceux d’Air France ?
De celui de Transavia France dont la flotte croît à mesure que celle du moyen-courrier Air France recule et qui n’a eu de cesse d’être déficitaire (hormis le dernier exercice) ?
De celui de KLM, à notre détriment si l’on en juge par les chiffres de trafic qui soulignent combien la défiscalisation par transfert d’activité depuis AF est organisée sciemment par les décideurs ?
De celui encore de la Maintenance dont la direction porte la lourde responsabilité de l’avoir mise à feu et à sang par une gestion prévisionnelle calamiteuse et humiliante des emplois et compétences, mais néanmoins créatrice de richesse et que cette même direction a voulu filialiser en décembre 2016 ?

Cette consultation est en réalité l’ultime tentative de la direction pour diviser l’Intersyndicale AF. Celle-ci résistera, quel que soit le résultat, et continuera de porter les revendications des salariés. Voter « NON » permettra néanmoins d’accélérer les choses. Le « oui » du Siège, des cadres et des CDD ou apprentis (mis en situation de ne pas pouvoir revendiquer quoi que ce soit) ne vaudra jamais abandon de notre légitime revendication.

Pilotes, ALTER vous y enjoint, pour retrouver du bien-être au travail, pour retrouver tout simplement notre dignité de salarié,

du 26 avril au 4 mai,
confirmez votre soutien à l’Intersyndicale AF,
donnez du poids à votre voix,
participez et faites participés,

répondez « NON »
à la consultation de M. Janaillac !