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Négociations, Salaires et exaspération

18 avril 2018

Négociations
Salaires et exaspération

Lundi 16 avril s’est tenue la dernière réunion d’une séquence débutée le 11 avril.
Il aura fallu attendre le septième jour de grève pour que la direction Générale soit prête à accorder 1% de plus que lors de la dernière Négotiation Annuelle Obligatoire.

Après que Franck Terner (qui ne signe plus Franck, ce qui est une bonne chose...) a annoncé la couleur : réalisant enfin la profondeur du conflit au septième jour de grève, un mois et demi après la première journée appelée le 22 février dernier, la direction de l’entreprise est prête à accorder 1% de plus aux salariés.Et cela, en plus du 1% qu’elle avait imposé unilatéralement lors des NAO 2018 (Négociations annuelles obligatoires) après l’exercice du droit d’opposition des syndicats offensifs.

Cette nouvelle séquence regroupant tous les syndicats de l’entreprise a revêtu le caractère de négociations salariales tout ce qu’il y a d’officiel.
Le courriel adressé par Franck Terner aux salariés l’avait été avant que les syndicats ne fussent invités à cette nouvelle négociation et après un point presse téléphonique comme nos contacts nous l’ont confirmé. Au-delà d’un orgueil sourcilleux qui serait totalement hors sujet, la façon de faire en avait déjà dit long sur la réelle volonté des directeurs de se plier à l’exigence d’une négociation apparaissant imposée par l’actualité sociale.
Il est à noter que la direction est représentée par Gilles Gateau. Ni M. Janaillac (Président d’Air France), ni M. Terner (Directeur Général d’Air France), donc les deux principaux dirigeants de l’entreprise, ne participent à cette négociation.

L’impression que cela donne est qu’encore une fois la direction ne négocie pas en fonction des intérêts de l’entreprise, quoi qu’elle en dise, mais que M.Gateau (qui a été chargé d’une mission par le Président de la République sur le renforcement du dialogue social) négocie en fonction du calendrier politique du gouvernement.
Gilles Gateau, a donc décliné dans une proposition pluriannuelle sous forme de « pacte de croissance » une première mouture d’accord salarial s’inscrivant strictement dans la trajectoire tracée par M.Terner. D’où l’annonce qui a été faite de 2% d’augmentation pour 2018 (répartis entre avril et octobre pour les prises d’effet) assortis de réévaluations en 2019, 2020 et 2021 sous conditions.

Des augmentations ou de l’intéressement ?

Ces possibles réévaluations sont de fait de bons gros mensonges, des promesses pour benêts. Les conditions autorisant leur usage étant à la solide main de la direction pour l’essentiel en matière de résultat financier (Free cash flow et résultat d’exploitation courant aux nouvelles normes IFRS16 pour les initiés). Sans oublier le conjoncturel façon « invasion de sauterelles » et autres calamités imprévisibles au menu duquel on retrouve tout de go le financier (encore lui), le plan économique, le plan international, le géopolitique ou le sanitaire...

Toute dégradation économique pour Air France devrait entrainer la convocation d’un comité de suivi « exceptionnel » dont on se doute bien qu’il ne sera pas là pour enfiler des perles, mais bien pour supprimer les hausses de grilles de salaire.

Or notre revendication est une hausse de 6% des grilles en rattrapage du gel de 2011 à 2018 ! La direction ne prend pas la mesure de la détermination des salariés à l’obtenir après des années d’efforts imposés à coup de campagne de peur (concurrence, moindre profitabilité, productivité insuffisante, etc.).
La direction a même pensé à ajouter une « clause suspensive » de tout conflit salarial sur la période concernée. « Bénéficiant » des nouvelles largesses législatives, cet accord serait de plus à durée déterminée et donc non soumis à l’exercice du droit d’opposition ayant permis de repousser l’accord NAO 2018... Innovation quand tu nous tiens !
Il est drôle tout de même que les directeurs refusent aux employés ce dont elles et ils s’accommodent parfaitement lorsqu’il s’agit d’eux-mêmes : nos hausses de salaire devraient être durement encadrées quand leurs retraites chapeaux sont versées sans condition quant à la situation économique de l’entreprise...
C’est ainsi que les membres de l’intersyndicale, SNPL, SPAF et ALTER notamment, se sont refusés à négocier ce texte-là. Il a donc été établi par l’intersyndicale une proposition à 6% de hausse des grilles avec pour seule condition des dates d’application en avril puis octobre pour 3,8% et 2,2% respectivement, incluant le 1% déjà accordé en 2018.
Rien n’y a fait, Gilles Gateau n’a voulu discuter que de sa proposition.
La réunion a donc été levée après que notre délégation eut décidé que cela suffisait ainsi.
Les retrouvailles de lundi 16 avril se sont ouvertes avec le même état d’esprit : d’un côté la direction qui cherche à enfermer l’intersyndicale dans son scénario pluriannuel en trompe l’oeil avec toujours 2% en année pérenne et rien d’autre, tout simplement parce que les clauses « libératoires » des augmentations prévues pour 2019,2020 et 2021 restent d’ordre financier (Free cash flow, etc.). Quelques éléments tels un seuil plancher de 40 € pour les plus bas salaires ont beau être affichés, ils n’en sont pas moins soumis aux mêmes clauses !
Serions-nous des syndicalistes conséquents si nous acceptions que les salaires se mettent à respecter les dispositions inhérentes à l’intéressement et à la participation ? Un coup je te verse, un coup je te verse pas, selon les années et le sens du vent ! Le salaire, c’est le juste prix de notre travail. Il est déterminé d’avance. L’intéressement, c’est un bonus en situation économique favorable. L’intersyndicale revendique de ne pas laisser supporter sur toute la durée de la carrière des pilotes, mais également des autres salariés d’Air France, le gel subit de 2011 à 2018 !
Toujours le même stratagème qui n’abuse personne si l’on en juge par la participation aux journées de grève des 17 et 18 avril, maintenues après l’échec des négociations en fin de semaine passée.

L’intersyndicale fait un pas, la direction refuse le compromis

Néanmoins, nous ne sommes pas fermés. Nous avons tenté de débloquer la situation en posant sur la table une nouvelle proposition toujours fondée sur le même principe : des hausses de salaire fermes et définitives !
Selon les calculs de la direction, l’inflation 2011-2017 s’établit à 3,8% ? Très bien, voilà ce que nous revendiquons avec application au 1er avril. L’inflation 2018 semble très probablement devoir s’établir à 1,3% ? Très bien, voici pour octobre 2018 !
Faisant « un pas vers la direction », l’intersyndicale a donc proposé de ramener la prétention légitime des salariés à 5,1% en année pleine. Avec les dates d’application de ces hausses.
Ce « renoncement » n’est pas rien ! C’est sur la carrière ! C’est avec la volonté de provoquer un choc salutaire dans les esprits des négociateurs, Gilles Gateau, représentant du gouvernement, en l’occurrence.
Voilà la situation telle qu’elle est à l’issue de la réunion du lundi 16 avril. La direction a persisté à ne rien vouloir entendre. La direction a maintenu mordicus son projet en trompe-l’oeil. La direction a décidé que c’en était fini des négociations d’ici vendredi 20 avril à midi, temps qu’elle a accordé seule et unilatéralement aux syndicats pour signer sa proposition d’accord pluriannuel.

Une campagne de communication d’ampleur de la direction

S’en est suivi une campagne de communication par presse et FlashActu interposés, sans compter les sicaires habituels …

La direction par son intransigeance a décidé la poursuite du mouvement de grève.
C’est ainsi que l’intersyndicale, par la publication d’un nouveau tract aux salariés et d’un communiqué de presse, a décidé de maintenir l’appel des 17 et 18 mars et encouragé les pilotes à se déclarer massivement en grève à l’occasion des 23 et 24 avril.
Une réunion de l’intersyndicale destinée à décider de la suite du mouvement se tiendra le jeudi 19 avril. ALTER y participera bien évidemment.
La direction n’est manifestement pas encore « mûre » pour négocier sérieusement.
C’est pourquoi l’appel à la grève des 23 et 24 Avril prochains est maintenu !
Il nous faut un peu plus encore lui prouver notre détermination à vouloir solder honnêtement le passé, c’est-à-dire la perte de l’inflation depuis 2012, par une augmentation de nos grilles salariales ramenée à 5,1 % !

RESTONS TOUS UNIS ET MOBILISES !

NE NOUS LAISSONS PAS ATTEINDRE PAR LA PROPAGANDE DIRECTORIALE !

Après des années d’effort,

NOTRE REVENDICATION POUR UNE JUSTICE SALARIALE EST TOTALEMENT LEGITIME !

TOUS EN GREVE LES 23 et 24 MARS
… pour faire plier la direction !

FAITES SE MOBILISER AUTOUR DE VOUS LES COLLÈGUES ENCORE RÉTICENTS !