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Négociations salariales : De la nécessaire Unité face à la direction.

22 mars 2018

Négociations salariales :

De la nécessaire Unité face à la direction.

Lundi 19 mars 2018, 7h55 :
« Chère Madame, Cher Monsieur, Chers collègues,
L’intersyndicale a confirmé l’appel à la grève pour les journées du 23 et du 30 mars (...) ».

Lundi 19 mars 2018, 15h41 :
« Chère Madame, Cher Monsieur, Chers pilotes,
Devant la perspective d’un mouvement de grève de longue durée, qui serait extrêmement pénalisant pour Air France et nous ferait retrouver une situation de crise et de division néfaste pour nous tous, et étant donné que les pilotes jouent un rôle essentiel dans une compagnie aérienne, j’ai souhaité m’adresser directement à vous ».

Chaque Pilote a reçu ce lundi les deux courriers signés de M. Janaillac et adressés, d’une part, à tous les salariés, puis, d’autre part, aux seuls Pilotes.

À leur lecture, il apparaît que si la cohésion intersyndicale et l’exaspération des Pilotes ont fini par attirer l’attention de nos directeurs généraux, il reste qu’il y a encore bien loin de la coupe aux lèvres s’agissant de la satisfaction de nos revendications, lesquelles restent à cette heure bien claires : pour la partie intercatégorielle concernant TOUS les salariés, augmentation de 6% des grilles de rémunération au titre de l’inflation perdue ; pour la partie purement Pilote, augmentation supplémentaire de 4,7 % au titre de la hausse de la productivité et des efforts salariaux passés.

Si notre PDG s’est enfin résolu à descendre dans l’arène, c’est bien la pression collective que nous sommes en train d’exercer qui l’en a contraint (démontrant ainsi factuellement que c’est bien par le rapport de force que les choses bougent et non grâce au supposé talent de négociateur des éternels syndicats patronaux que sont les CFDT et CFE-CGC).
Mais à ce jour, M. Janaillac n’a apporté aucune réponse concrète et notre exaspération reste entière.

Bien au contraire, c’est une leçon de maître d’école d’un autre âge qui nous est donnée, façon vilains garnements.

Aux uns, PS et PNC :
« Avec Trust Together, j’ai fait le choix de reprendre l’offensive et de remettre Air France sur le chemin de la croissance, d’une croissance rentable pour être durable, (...), elle suppose une forte capacité d’investissements pour aller plus loin. C’est pourquoi nous devons continuer la transformation engagée dans tous les domaines, réduire nos coûts, augmenter nos recettes, améliorer encore notre réseau.
(...) C’est tout l’enjeu, et la position que j’entends défendre lors des Assises du Transport aérien qui débuteront demain et se dérouleront jusqu’au mois de septembre. Vous pouvez compter sur ma détermination et mon énergie pour y faire entendre notre voix. J’y demanderai, avec la plus grande fermeté, une baisse des charges, des taxes et des redevances qui pèsent sur le transport aérien français, et donc principalement sur Air France.
(...) Mais nous ne serons pas entendus et nous n’obtiendrons rien si nous allons à ces Assises désunis et en conflit ».

M. Janaillac, martial, assure que sa vision est la seule soutenable et par conséquent possible. Celle-ci est constituée de l’éternel slogan de la baisse des « coûts » couplé à celui de la moindre compétitivité supposée d’AFKLM vis-à-vis de la concurrence. La perspective offerte par notre PDG à la majorité des salariés d’Air France reste, toujours et encore, la culpabilisation et la filialisation (Joon...). C’est aussi la politique salariale de la ceinture serrée et l’amputation d’une partie de notre salaire différé que sont nos cotisations sociales (Retraite, Assurance maladie, Assurance chômage, etc.). Tout cela est bien loin des considérations de bien-être au travail. Fermez le ban, donc, la satisfaction des revendications du Marché prévaut sur celles des gueux.

Aux autres, les Pilotes, donc :
« (...) si je ne me préoccupais pas de l’avenir d’Air France, la facilité serait de répondre positivement aux revendications qui se sont exprimées, mais le niveau actuel de nos résultats ne permet pas de satisfaire ces demandes et en même temps de financer la croissance dont nous avons besoin.
(…)
Même si nos marges de manœuvre sont encore très faibles, j’ai entendu les demandes de vos représentants. La seule voie est celle de négociations (…)
Dans le cadre des discussions qui doivent s’ouvrir rapidement, vos préoccupations, les irritants qui demeurent et qui impactent votre vie quotidienne et notre exploitation, doivent être abordés et mis en regard des enjeux de développement et d’investissements d’Air France (...) ».

Là, M. Janaillac, est plus prudent, passe un petit coup de brosse à reluire histoire de voir si nous sommes aussi stupides qu’il l’imagine. Il se garde de nous opposer une fin de non-recevoir par trop définitive et entrouvre la porte de la négociation. Pas celle de la satisfaction de nos revendications, lesquelles sont mises en parallèle avec celles des investisseurs. Aussi, M. Janaillac tente de jeter au milieu de l’arène des revendications tout ce qui ne va pas dans notre quotidien, les fameux « irritants » de toujours, afin de désamorcer le conflit avec les Pilotes.

De manière générale, M. Janaillac, qui reste très habile, s’efforce fondamentalement de rester ferme sur les prix et de lâcher un minimum.

« Il a choisi de satisfaire les Pilotes, je m’en contente… », pourrait-on se dire côté PNT. ALTER n’hésite pas à vous affirmer que non, trois fois non ! Si l’on en est là, c’est uniquement parce que les premiers épisodes de notre mobilisation COLLECTIVE et INTERCATEGORIELLE ont permis un début de rétablissement de rapport de force entre nos revendications et celles des Financiers ! Voilà pourquoi une perspective différente est réservée selon les populations ! Il s’agit d’inoculer le poison de la division et de la discorde au sein du front uni des salariés. Nous savons que certains parmi les Pilotes pourraient être tentés de s’en satisfaire. Ils se trompent sur tous les plans, humain, collectif et individuel, car le retour de bâton sera terrible si nous nous satisfaisions de notre sort (lequel n’est en rien réglé), alors que d’autres catégories de personnel auraient été sacrifiées !

ALTER entend également celles et ceux des Pilotes qui redoutent une nouvelle campagne de dénigrement et de mise à la vindicte. Dans la classique guerre de communication où nous ne luttons pas à armes égales malgré nos arguments, ALTER reste absolument certain que notre meilleure chance passe par le maintien de la cohésion entre tous les salariés matérialisé par l’exigeant et parfois fastidieux travail en intersyndicale ! Souvenons-nous de notre histoire récente : avec 14 jours de grève à nous seuls, nous nous sommes retrouvés nus. Avec une journée de grève générale et deux autres appelées, la direction est déjà aux portes de la négociation sur NOS revendications, quoi qu’elle en dise !

L’appel à cesser le travail le 23 mars est plus que jamais confirmé. L’intersyndicale doit se réunir le 26 mars pour étudier les propositions évoquées et que Franck doit nous soumettre. C’est à elle de faire preuve de responsabilité.

Dans l’attente, nous devons continuer à mettre la pression sur la direction, une seule option doit alors s’imposer à nous :

TOUTES ET TOUS EN GRÈVE VENDREDI 30 MARS !