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Paix des braves ?

4 juillet 2018

Paix des braves ?
La lassitude et l’été ne doivent pas tromper !

Quel horrible spectacle que celui donné actuellement à Air France ! La holding n’a plus de patron. Et pourtant, les pilotes, les hôtesses et les stewards, les mécaniciens avion, les dispatcheurs, les salariés du hub, de CLD ou du passage, les vendeurs de billets, ceux du RM, les commerciaux, les informaticiens, les agents du suivi ou de l’élabo... font partir nombre de vols chaque jour.

Notre entreprise blessée par tant de maltraitance, fruit d’une politique industrielle délibérée de dépeçage d’Air France (externalisation, transfert d’activité vers KLM, disparition d’emploi, productivité individuelle qui explose à rémunération constante) et de gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences (GPEC) déclinée à cette fin (zéro QT, PDV, gel des embauches par exemple) s’efforce de faire front et de satisfaire l’offre de service déployée cet été.

Vacance du pouvoir... Les patrons ne savent pas se dépêtrer, faute de l’assumer pour de sombres motifs d’ego et d’incapacité fondamentale à reconnaître ses erreurs, de la fin de non-recevoir des salariés à la consultation organisée en avril (eh oui, en avril, trois mois déjà...), de la satisfaction sans en avoir trop l’air des revendications des financiers (profitabilité, remboursement de la dette à marche forcée, casse sociale, etc.) et des répercutions du conflit à Air France au plan national.

Nous n’avons que faire de leurs atermoiements. Nous aspirons à exercer ces métiers que nous aimons et ne faisons pas si mal (remplissages, recette unitaire, investissement et dévouement du personnel, garantir une exploitation sûre et en sécurité, bénéfices financiers) dès lors qu’on veut bien nous foutre la paix !

Le méchant concurrent, la vilaine moindre rentabilité que le voisin ou le monde « qui bouge » ne sont que les justifications des tenants brutaux et violents du pouvoir politique et des conseils d’administration. Ces derniers les opposent aux salariés pour leur refuser de satisfaire les revendications salariales quand ils satisfont la rente dans le même temps.

Couderc a le droit de satisfaire les financiers. Couderc n’a pas le droit de satisfaire les salariés. Couderc a le droit de prendre toute mesure ne contrariant pas le projet industriel de moyen terme ayant précisément conduit à la crispation présente. Couderc n’a pas le droit d’user du seul médicament qui vaille pour nous permettre de repartir de l’avent (5,1 % de grilles). Une illusion.

Vacance du pouvoir... Il est dangereux pour un patron de trop laisser un siège libre ! Outre qu’il aiguise les appétits des mercenaires qui veulent bien d’une place à 1 M€ par an, cela montre également qu’un collectif de travail peut s’en sortir sans lui, même malgré une désorganisation telle qu’il n’est plus un directeur Air France n’y allant pas de sa séance d’appel à la bienveillance des salariés.

Du chef de flotte Airbus LC au chef Pilote MC, du directeur général opérations au directeur général d’Air France (sa neurasthénique vidéo autojustificatrice a été un nouvel exercice pénible et pathétique, Droopy et Tex Avery peuvent se rhabiller...), avec des degrés divers de morale culpabilisante ou de menace illégitime selon les ambitions qu’ils nourrissent « pour après », chacun essaie de faire semblant de jouer un rôle efficace dans le maintien de l’activité, certes chaotique alors qu’ils sont responsables de la désorganisation.

Côté conseil d’administration, l’énergie est consacrée à mener une guerre de succession. On essaie de distraire le pégu en mettant en scène une vraie fausse succession rapide ratée au non regretté JMJ. L’honneur sali de Capron vaudra quelque vidage de sac dans la presse. Jusqu’aux Hollandais qui osent faire pression pour qu’à l’avenir, des décisions moins « outrageusement favorables à Air France » soient prises dans la holding !!! On n’est pas maître es-commerce depuis des siècles sans les « qualités » intrinsèques indispensables... A ce spectacle offert aux yeux des salariés médusés, la préoccupation du sort de l’entreprise et des salariés ne ruisselle pas de manière évidente, c’est le moins que l’on puisse dire. La plus-value d’un nouvel actionnaire « humaniste », mais surtout PRIVÉ à la place d’un État qui aurait tous les défauts ne résisterait pas à quelques approfondissements au-delà des slogans convenus.

Vacance du pouvoir... Qui est dupe ? Le patron finalement nommé voudra faire le tour de la turne avant de décider de l’obole qu’il nous accorde « car il faudra commencer par cela ». L’esprit de responsabilité, c’est bien l’intersyndicale qui fait la démonstration d’en disposer ! Au plus caricatural de la provocation et du mépris, l’intersyndicale a décidé de ne pas épuiser davantage les troupes. Il est recherché toutes les alternatives possibles à la politique de la terre brûlée des directeurs qui n’en ont plus rien à foutre, à par savonner la planche de celui qui prendra leur place. Le mouvement de grève a été suspendu. Pas le conflit ! Des rencontres avec les représentants de la Représentation nationale ont été obtenues et des délégations syndicales seront reçues courant juillet. De l’attitude du prochain patron dépendra la reprise ou non des hostilités. La nomination de celui-ci est encore attendue d’ici mi-juillet. Nous y serons très attentifs et la douceur estivale à laquelle chacun aspire ne nous rendra pas moins vigilant(e)s.

Les salariés, réunis collectivement au sein de l’intersyndicale, sont forts et puissants ! Ils ont obtenu la tête de deux PDG, Juniac et Janaillac, excusez du peu ! Les milieux financiers préfèrent sacrifier des fusibles plutôt que de renoncer à leur cupidité et leur avidité destructrices ! Nous obtiendrons satisfaction malgré eux ! Air France a toute sa place dans le transport aérien. Sinon il y a fort longtemps que nos vols seraient vides. Il n’en est rien et les résultats, une fois encore malgré les conséquences dévastatrices des projets industriels successifs, sont là pour le prouver. Ils ne lâchent rien ?
Nous non plus.

RESTEZ ATTENTIF(VE)S et MOBILIS(E)S