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Projet d’accord pilote...

12 mai 2017

Projet d’accord pilote...
« Trust Togeteher » by Janaillac/Terner

Mercredi 3 mai dernier a vu l’ouverture à signature du dernier né de la longue litanie des projets régressifs de la direction d’Air France. De Juniac en passant par Gagey jusqu’à Janaillac... de « Tranform2015 » en passant par « Perform2020 » jusqu’à « Trust Together »... une constante au sein de la classe dirigeante d’Air France : pas un seul projet d’entreprise qui soit fondé sur les qualités intrinsèques du collectif de travail que nous formons et de l’outil industriel dont nous disposons. C’est effarant ! Sommes-nous, à ALTER les seuls à le percevoir ? Nous savons que non ! La caractéristique commune de tous ces plans repose toujours sur de la filialisation, du démantèlement (social comme industriel) ou de l’externalisation. Systématiquement, on tourne le dos à Air France pour des motifs toujours ânonnés, jamais démontrés.

A l’ouverture de la période de mise à signature d’un mois décidée par la direction par rupture unilatérale des négociations le 27 avril dernier, il nous apparaît nécessaire, avant de rentrer dans le détail de l’analyse des éléments de l’accord Pilotes (prochains BSPN tout au long du mois de mai), de prendre du recul.

Lorsque Janaillac est arrivé, il a souhaité écouter. Il affirme l’avoir fait. Il a même fait mener des enquêtes afin de corroborer celle menée par le cabinet Technologia auprès des pilotes à la demande du CHSCT Pilotes. Les réponses ont peu ou prou été les mêmes : le doute (quand il ne s’agissait pas de défiance) en ces projets et en la capacité du management à mener un projet fédérateur. Une constante : l’amour et la fierté préservés des employés à bien faire leur travail malgré les incessants coups de boutoir.

Qu’a donc gardé Janaillac de ces écoutes ? L’avis des quelques croque-mitaines du « marché » et des pages économiques, mais certainement pas celui des salariés. L’avenir d’Air France selon Janaillac, c’est, comme pour ses prédécesseurs même Juniac le honni dont il diffère fort peu, tourner le dos à Air France. A coup de création de filiales (DGI, TOF, NewCo) et de transfert d’activité (KLM, JV, sous-traitance piste/RZA/passage/escales/DM). Voilà les faits ! Et à l’heure où CHACUN constate que l’on est arrivé à l’os en matière de purge des effectifs opérationnels (le programme ne passe pas et pas qu’en été), il faudrait ouvrir une nouvelle page très profonde, touchant au cœur même d’Air France (sa base de CDG, le LC et tout le MC) ? Rien ne le justifie, d’autant plus que les conditions initiales à la création de la NewCo centrale au projet TT ont été balayées par l’expertise juridique rendue nécessaire afin d’évacuer le risque de délit de marchandage.

Cette donnée absolument centrale et fondamentale ne nous apparaît pas avoir été suffisamment commentée et donc débattue. Le fantasme de Juniac (TOF à CDG et du LC LowCost) est en train de se réaliser sous nos yeux. Les Pilotes consultés au sujet de la création de la NewCo en externe et qui ont répondu oui malgré l’avis commun de toutes les OPPNT (fait rare) portent une grande responsabilité dans l’élan retrouvé de la direction générale. C’est un fait. Mais n’est-ce pas le travail des syndicalistes d’affirmer que les gens se sont trompés quand c’est le cas ? Nous ne pouvons pas prendre le risque de cette création de NewCo externe. D’autant moins que le risque de marchandage identifié tardivement (tiens donc…) a offert à la direction une autonomie renforcée de celle-ci, porte grande ouverte à tous les développements par simple amendement à l’accord (souvenez-vous de TOF, passée de 14 à 40 coques alors que mordicus il ne devait jamais en être question). L’expérience des cadrages de périmètres par accord de ces dernières années justifie pleinement cette simple lucidité. Le bon sens nous fait gravement défaut ici ! Les bases de la consultation des pilotes ont été totalement bouleversées et le vote rendu caduc ! ALTER ne comprend pas que l’on persiste ! BOOST ne doit pas passer par la création d’une filiale ! C’est le seul moyen de décrisper la situation et de retrouver du ressort. Alors qu’il n’a jamais été aussi facile de voyager ailleurs qu’à Air France, les vols sont toujours pleins, recette unitaire et résultats suivent. ALTER en appelle à la lucidité de tous les pilotes, qu’ils soient ou pas membres de conseils syndicaux !

Les dirigeants sont intéressés personnellement par la signature d’accords de régression sociale. Cette réalité est décrite froidement au travers des documents officiels publiés chaque année (« Document de référence ») : Gourgeon +50% en pleine crise de 2008, Juniac +65 % en 2016, augmentation que gardera Janaillac en 2017, COMEX AFKLM +34 %, etc. ! D’où leur soutien indéfectible, froid, systématique et même brutal à ces politiques. D’autant plus qu’ils sont souvent des mercenaires de passage qui iront piller d’autres entreprises bien vite.

Nous nous devons d’appréhender le dernier projet d’accord pilote à cette aune faute de quoi nous nous laisserons une fois encore berner par de soi-disant « garanties de périmètre inébranlables », aussi fragiles qu’un château de sable sur les plages landaises un jour de grande houle.

Cette nième tentative de passage en force vers toujours plus de démantèlement, toujours plus de productivité, toujours plus de sous-traitance et en définitive toujours moins de sécurité des vols... ne tient pas la route une seule seconde.

Tout d’abord, parce que chacun sait que l’agilité, la flexibilité et la réactivité vendues comme des vertus cardinales passent par un certain confort que la gestion en flux tendu (avions, personnel) et la mise en concurrence des salariés par l’entremise de filiales notamment contrecarrent irrémédiablement. Outre le mal-être au travail et la complexité de gestion d’un tel groupe, il n’est plus possible d’obtenir un contexte de négociation serein et donc propice à signature valant adhésion.

Et il faudrait créer deux autres compagnies (BOOST LC et BOOST MC) ?!? L’exploitation quotidienne de notre Hub de CDG, la gestion calamiteuse du personnel dans son ensemble et du PN en particulier (après deux PDV, il manquera malgré la reprise timide d’embauches 140 pilotes en 2017, 255 en 2018 et 384 en 2019 !... après trois PDV, il manquera 500 PNC cet été !) vient de nous contraindre de renoncer à ouvrir CDG/Taipei par manque de pilotes, va voir la rotation de nuit CDG/TUN/CDG (grande pourvoyeuse de connexions hautes contributions) s’arrêter début août pendant dix jours par … manque de pilotes (!) en attendant les abattements sur le programme standard de fin d’année à l’image de qui s’est passé l’année dernière... D’amputations en purges, l’effectif opérationnel est à l’os ! Pourtant, le rapport SECAFI présenté en avril au CCE souligne que la direction veut purger à nouveau le HUB, exsangue, et embaucher au pilotage économique ! Son monde est dramatiquement et dangereusement à l’envers !

Les arguments économiques derrière lesquels se range la direction ne nous convainquent pas.

Par contre, nous savons compter et constater le résultat des chantages précédents : Transavia, ce fut au final 31 coques MC perdues. TT, c’est 9 MC de plus en moins sans compter les 18 qui partent chez NewCo. C’est aussi 3 coques LC. Devons-nous évoquer « l’efficacité » des garanties périmétriques façon « Prod balance » qui aboutit à un déficit de 20 coques LC !!! Et l’on ferait confiance à la rédaction de TT pour assurer les pilotes qu’ils ne risquent rien ?

« Augmentation de l’utilisation des avions » qu’ils disent.

Question d’ALTER : comment la direction ose-t-elle incriminer nos accords ? Ceux-ci sont suffisamment permissifs en matière de règles d’utilisation pour accroître le rendement journalier d’un avion ! Et pourquoi ne l’ont-ils pas déjà fait ? Ont-ils besoin de la NewCo pour ce faire ?

« Simplification de l’offre de catering et de la généralisation de l’offre buy-on-board », qu’ils disent.
Question d’ALTER : la simplification du catering n’existe-t-elle pas déjà au sein même d’Air France ? Ben oui... cela s’appelle le service « COI » ! Quant au buy-on-board, faudrait qu’ils se mettent d’accord : un coup on nous raconte qu’il ne faudra pas baisser le niveau du service offert aux passagers de BOOST pour préserver la recette unitaire (entendu en journée managériale de la bouche même de Janaillac), un coup on nous la joue low cost. Là encore, des balivernes, cette adaptation du service à la ligne est déjà bien maîtrisée par notre compagnie, BOOST n’inventera rien qui ne pourrait se mettre en œuvre au sein d’Air France !

« Baisse des coûts de traitement au sol (digitalisation accrue) », qu’ils disent.
Question d’ALTER ? La suppression récente de tous les comptoirs en banque 5 et 6 du T2F (entre autres) de CDG pour laisser place quasi exclusivement à l’enregistrement des bagages soutes par les passagers eux-mêmes, comment appelle-t-on cela ? Une « digitalisation accrue » peut-être ? La sous-traitance de l’exploitation basse de l’avion à l’exclusion - pour le moment encore - du RZA... une « baisse des coûts du traitement au sol » peut-être ? Et au cas où vous ne l’auriez pas deviné, tout cela se passe à Air France ! Balivernes une fois de plus que toutes ces mesures présentées comme ne pouvant se développer qu’au sein d’une quatrième et cinquième compagnies supplémentaires ! Et rappelons que la seule urgence identifiée par la direction en termes d’effectif, c’est 100 postes créés en deux ans au « pilotage économique », les fameux conducteurs du changement, ceux qui pensent votre métier sans l’exercer (source SECAFI).

« Baisse des coûts unitaires des PNC BOOST », qu’ils disent.
Question d’ALTER
 : quelle serait la baisse des coûts unitaires PNC si on les embauchait aujourd’hui même à Air France ? Le même que chez BOOST, c’est à dire moins 40 % de par le rajeunissement de la pyramide des âges que cela entraînerait ! Quel serait le montant escompté de cette économie fin 2020 grâce à BOOST ? 25 millions d’euros l’an ! Le coût d’un jour de grève bien suivi ! Le coût de la provision annuelle des retraites chapeaux de nos hauts directeurs ! 30 fois moins que nos amendes cargo cumulées ! Deux compagnies supplémentaires pour « tout » ça ?!? Balivernes toujours et encore ! Cette attaque en règle du PNC n’est que l’indigne et scandaleuse autant que méprisante justification populiste d’une « vision » à moyen terme, celle qui s’accomplira pleinement à compter de 2021, une fois la machine à démanteler et à concurrencer bien agencée, bien huilée... à l’image d’une Transavia France (TOF) qui ne cesse d’étendre son réseau depuis Paris et dorénavant sur des lignes exploitées par le LC d’Air France (ORY/BEY)...

Avant que nous ne lisiez l’analyse d’ALTER à venir, ce projet d’accord proposé à signature par la direction, qui va du QRH papier distribué « gratuitement » aux pilotes à la création de BOOST, mais qui oublie tout chapitre dédié à leur rémunération en guise de juste retour des efforts concédés toutes ses dernières années, à l’image des augmentations à deux chiffres que se sont octroyées nos dirigeants donneurs de leçons, il faut que tout le monde ait bien en tête que cet accord n’est pas comme tous les autres, tout sauf un « de plus ». Cet accord représente ce que même Juniac n’avait jamais espéré rêver. Il y aura, si signé, un AVANT et un APRES « Trust Together ». Et cela pourrait se résumer par une dernière question d’ALTER touchant au faux semblant que représente le nom du projet lui-même et qui résume bien à lui seul l’imposture que représente le projet ouvert à signature.

« Trust Together », qu’ils disent !
Question d’ALTER[/blue
] : Où se trouve la « Confiance Retrouvée », où se cache le « Vivre Ensemble » dans le projet d’accord éponyme ? Où se trouve la « Confiance retrouvée » quand les bases de la consultation des pilotes se trouvent mises à bas, délit de marchandage oblige ?

Où se trouve la « Confiance retrouvée » quand il est demandé aux pilotes de s’exprimer sur de prochains amendements à leur contrat de travail sans que la convention de mise à disposition soit connue ?

Où se trouve la « Confiance retrouvée » alors que l’on tente aujourd’hui encore d’instiller insidieusement de la peur chez les pilotes pour mieux les soumettre... à l’image des 300 suppressions d’emplois PNT du plan B d’après 30 septembre 2015 et qui nous voit aujourd’hui mettre la Sécurité de Vols en jeu tous les jours, en particulier sur 777, par manque d’effectifs et de fatigue chronique ? A l’image des B787 qui ne devaient pas intégrer notre flotte sans signature de Perform2020... alors que nous recevrons le cinquième en fin d’année et que tout le monde trouve cela plus que de normal en regard de la croissance du trafic aérien ? Les Cassandres s’étaient trompés ou avaient menti. Vous choisirez bien. Mais vous ne les laisserez pas vous entrainer dans le scénario de la création de NewCo, externe à Air France !

Où se trouve la « Confiance retrouvée » alors que les dirigeants ne respectent délibérément pas les accords signés en matière d’équilibre d’activité LC entre KLM et AF ? En cela, ils continuent à dépecer AF de ses lignes et de ses passagers alors que KLM a ouvert une multitude de lignes MC entre la province française et Amsterdam et que l’on attend plus de 100 millions de touristes en France en 2017, record historique !

Comment parler de « Vivre ensemble » quand on nous propose de créer deux entités supplémentaires pour mieux exploiter de jeunes femmes et hommes PNC ? Pour mieux détruire des services d’Air France et par là même sous-traiter au moins-disant social ? Pour mieux préparer ceux qui restent dans le navire amiral à ce qui les attend dans les mois ou années à venir ? Pour mieux faire éclater, partout dans l’entreprise et en particulier au sein même des équipages, la division entre catégories socioprofessionnelles, avec des pilotes qui auront signé l’acte de naissance de BOOST avec toutes ses implications sociales pour l’ensemble de l’entreprise ?

Foutaises, tout comme les autres broutilles de l’accord destinées à nous distraire de l’essentiel objectif de la direction ! En nul endroit de cet accord-anthropophage ne trône une once de « Confiance Retrouvée » et d’un quelconque « Vivre Ensemble », seules la Défiance et l’Exclusion sont au programme !

Nous devons donc tout faire pour nous y opposer ! Nous devons tout faire pour contrer cette vision financière à court terme mortifère pour notre entreprise et pour nous-mêmes par voie de conséquence. Ce projet tourne délibérément le dos à Air France, à son collectif de travail et à son outil industriel. ALTER demande à ce que soient laissées de côté pour l’instant les revendications légitimes en termes de rémunération. L’urgence absolue, c’est d’interdire la création de NewCo, c’est d’empêcher la réalisation de Boost en externe ! Cette bataille gagnée, nous nous mettrons collectivement en ordre de marche au soutien des négociateurs.

Nous devons imposer à la direction qu’elle puise au sein d’Air France le respect que lui portent des salariés fiers d’y travailler, les hautes compétences acquises tout au long des huit décennies qui l’ont fait croître, la capacité à se réinventer tout en restant « à la française », la force de relever les défis de demain comme elle a su le faire hier et aujourd’hui même encore.

POUR CELA, FAITES ENTENDRE
VOTRE REFUS DE L’ACCORD « TRUST TOGETHER » AINSI OUVERT A SIGNATURE !

PARTEZ EN CAMPAGNE, « BATTEZ » LA TOILE POUR QU’ADVIENNE, ENFIN
UN ACCORD RÉELLEMENT ORIENTE VERS LE PROGRÈS SOCIAL ET
UN DÉVELOPPEMENT D’AIR FRANCE SANS ENTRAVES !

NE PERMETTEZ PAS LE DEMANTELEMENT PROGRAMME D’AIR FRANCE

PILOTES, A CONTRARIO DE LA CONSULTATION,
ADRESSEZ CE MESSAGE A LA DIRECTION :

LAISSEZ-NOUS FAIRE CE QUE NOUS SAVONS ET AIMONS FAIRE :
FAIRE VOYAGER DES PASSAGERS ET TRANSPORTER DU FRET
PAR DES SALARIES AIR FRANCE, A BORD D’AVIONS AIR