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Rémunération, La position défendue par ALTER

6 septembre 2018

Rémunération
La position défendue par ALTER

Vendredi 7 septembre se tiendra une nouvelle réunion de l’intersyndicale devant décider de la meilleure manière de parvenir à la satisfaction de la revendication sur les salaires. Le contexte, vous le connaissez, mais nous nous permettons de le balayer rapidement :
Un compromis en Juin était proche. Personne ne pourra dire combien la direction était réellement prête à mettre sur la table, ni quel aurait été le plancher d’acceptation de l’intersyndicale. Une chose est sûre, un accord proche de la revendication collective des salariés (cf le vote négatif à la proposition de la direction d’avril 2018) a manqué de peu d’être atteint. Il s’en est fallu d’intervention(s ?) dont l’exhaustivité nous échappe.

Pourtant le conflit a été suspendu. La levée du préavis en juin prenait comme limite de calendrier la nomination d’un nouveau PDG annoncée à l’époque pour mi-juillet. ALTER rappelle à nouveau que, dans le cas contraire, madame Couderc s’était engagée (cf ses déclarations lors du CCE du 14 juin) à retourner devant le CA d’AFKLM pour récupérer un mandat de négociation. Cela entérinait effectivement de facto le fait que nous lui reconnaissions l’incapacité « administrative » (ce si opportun statut de Président non exécutive) à négocier les salaires du personnel AF.

L’objectif de l’intersyndicale restant avant tout la satisfaction des revendications et pas la grève (!!!), nous avons assumé et pris le risque de nous appuyer sur cette promesse. En outre, à cette époque, AM Couderc pensait pouvoir nommer M. Capron dès début juillet... Ce qui ne s’est pas fait. Aucune des deux options ne s’est donc concrétisée : nomination d’un nouveau PDG, retour vers le CA d’AFKLM. Puis l’été a continué sur sa lancée, personne ne se sentant en force et envie de déclencher de nouvelles hostilités en plein mois d’août...
La réunion de l’ISAF du 7 septembre va se tenir dans ce contexte.

Aujourd’hui, nous l’avons, le nouveau PDG. Même si l’exemple par l’absurde des négociations salariales CONCLUES dernièrement chez KLM sans que cela ne pose de difficulté AVANT MÊME l’arrivée officielle de M. Smith, pour TOUT LE PERSONNEL devrait convaincre chacune et chacun de l’acharnement partisan qui est opposé au collectif de travail Air France ! Tous les mensonges, tous les simulacres, toutes les provocations, les plus insignes marques de mépris auront été opposés à ce juste rattrapage de salaire qui n’est même plus critiqué en tant que tel. Pendant la période 2012-2017, nos collègues de British Airways ont obtenu des augmentations régulières de leurs grilles pour un total de 15,2 %, nos collègues de Lufthansa,eux, ont conclu un accord comprenant une augmentation salariale de 10,7 % !

Aujourd’hui, la direction d’Air France, AM Couderc et le triumvirat Terner-Gagey-Elbers, ont démontré qu’ils avaient bien mandat pour traiter des salaires (salaire de B.Smith, salaire de Conderc). Le calendrier avançant, ALTER va donc continuer à militer AU SEIN DE L’INTERSYNDICALE pour la reprise du mouvement, selon de nouvelles modalités plus dure et contraintes dans le temps. Il n’est plus question de laisser la direction d’Air France continuer à décider du calendrier pour jouer la carte des élections à venir afin de nous affaiblir en réussissant à briser cette intersyndicale qu’elle redoute tant (élections internes au SNPL, élections CSE).

La revendication, elle, est inchangée : 5,1% sur les grilles au titre du rattrapage de l’inflation abandonné entre 2012 et 2017. A cela doivent dès à présent s’ajouter chacune des revendications catégorielles. Pour les pilotes, il s’agit bien de 4,7% supplémentaires au travers des mesures déjà décrites (prime de commandement, valorisation à 50% des HS au-dessus de 5, récupération d’un jour de repos, etc). Pour les autres catégories, nous sommes persuadés que les conflits larvés doivent également très vite trouver une issue (grève à la maintenance, situation des PNC Joon). Même au siège, nous pensons que les personnels sont en droit d’exiger qu’il leur soit confié d’autres missions que celles consistant à réinventer l’aéronautique tous les 4 matins, imaginer process sur process pour une ponctualité que seule la motivation des opérationnels est réellement capable d’assurer. Leur intelligence mérite d’être utilisée autrement qu’en brassant de l’air nous faisant voler vent de face.

Nous devons porter notre revendication à l’actuelle direction, qui vient de montrer qu’elle avait mandat pour traiter la question des salaires. Les arguments qu’aura la direction sont connus : attendez l’arrivée de B.Smith, nous n’avons pas, du haut de notre salaire d’un million d’euros annuels, mandat pour négocier (avec vous, seulement, car bien entendu, cet argument n’est pas valable concernant le conflit des pilotes et des autres salariés de KLM). Nous devons nous souvenir de 2016 et de l’arbitrage fait par M. Janaillac sur les heures de nuit, sous préavis, avant même sa prise officielle de fonction. Il avait alors contredit Gagey...

Nous croyons dans l’intelligence collective des salariés, des pilotes en particulier, qui ne doivent pas se laisser endormir par les salaires afférant aux cadences excessives de cet été.
B. Smith, qui arrive avec des projets plein sa valise, sait qu’il devra solder les conflits avant de passer à la suite. Nous pourrons alors seulement accepter d’envisager son projet « dans les limites d’un cadre social acceptable pour toutes et tous ». Le combat n’est pas gagné d’avance, mais il n’est pas perdu pour autant (à moins de ne pas être mené).

Si nous restons unis dans cette intersyndicale regroupant nos collègues de tous les jours, c’est autant par esprit de solidarité que par conscience de notre intérêt corporatiste. À ce titre, la sortie de l’intersyndicale du SPAF est à notre sens une faute historique. En jouant la carte électorale avant l’heure, elle joue sur la fibre individualiste comme les différentes directions l’ont toujours fait et risque d’affaiblir le mouvement unitaire des salariés en lutte.
Quoi qu’il en soit, la décision qui sera prise par l’intersyndicale sera le fruit d’un compromis et nous l’accepterons.

Le combat gagnant est celui qui est juste !