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Résistons ensemble !

9 mai 2018

Résistons ensemble !

Outre nos compétences techniques et notre passion pour le vol, il existe un lien invisible qui relie tous les pilotes d’Air France. La tension de ce lien évolue en fonction des événements que nous rencontrons dans notre vie professionnelle et personnelle, mais surtout lorsque notre compagnie doit faire face à la tempête.
Les événements géopolitiques, le prix du carburant, les concurrences déloyales, les taxes sont évidemment des paramètres élémentaires dans la gestion d’une compagnie aérienne, mais pas que.
La vision à court à terme sur l’évolution des low-cost, la dilapidation du Cargo, le dépeçage d’Air France par la filialisation ou le pillage (TPF, Joon, KLM…), le dogme zéro QT, le refus d’ouvrir des négociations avec les mécaniciens sont autant de mauvaises décisions qui contribuent à affaiblir Air France.
Pour « compenser » cette incapacité à développer notre entreprise, les dirigeants successifs ont décidé de réduire la masse salariale en diminuant les effectifs de 21 % en 8 ans et en réclamant aux salariés d’augmenter leur productivité. (Rapport SECAFI).
Pour se féliciter d’une telle clairvoyance, les dirigeants du COMEX se sont augmentés de 29 % entre 2012 et 2016 (Documents de référence AFKLM).

Air France n’est pas économiquement malade (bénéficiaire, 88 % de remplissage moyen annuel, fidélité des passagers, recette unitaire…) comme nous le rabâchent nos dirigeants à coup de FlashActu, mais socialement souffrant.
Cette souffrance vient tout d’abord du surmenage dans toutes les branches de l’entreprise qui a un impact direct sur la sécurité des vols et sur la satisfaction des passagers. Ensuite la signature par deux syndicats (CGC et CFDT représentant 30 %) à 0,55 % d’augmentation annuelle et la fin de non-recevoir à toutes demandes de rattrapage par la direction a été vécue comme une preuve d’ingratitude qui a mis le feu aux poudres. Exactement comme l’affaire du solde de Transform il y a deux ans… Peut-on décemment à ce point ne pas apprendre de ses erreurs, sauf à REFUSER d’entendre par pur mépris et suffisance ?
L’EBITDA d’Air France, qui représente la création de richesses au sein de l’entreprise, n’a cessé d’augmenter depuis 4 ans passant de 1014 millions d’euros à 1761 millions d’euros. Les salariés qui ont créé cette richesse en augmentant leur productivité sont de fait exclus de cette prospérité. C’est intolérable.
En plus de la baisse de pouvoir d’achat généralisé, la direction a exigé que chaque catégorie nivelle ses acquis sociaux par le bas : pour les Pilotes, gel des classes et des grilles, 3 jours de congé en moins, 1 jour offert à l’entreprise par mois, zéro QT, pas de passage CDB, pas de temps alterné, difficultés pour poser les congés annuels à cause du sous-effectif généralisé (-700 pilotes par rapport à 2012)etc..)

Si nous ne réclamons pas aujourd’hui le fruit de notre travail , qui n’est à l’heure actuelle qu’un rattrapage des grilles de salaires et non une augmentation, alors que tous les voyants sont au vert, qu’allons-nous revendiquer quand les vents souffleront à nouveau de face ?
L’intersyndicale représente 10 syndicats sur 12 (excepté les deux ayant signé les augmentations à 0,55 %). Elle est née en juillet 2015 de la souffrance de tous les salariés. Sa légitimité est incontestable. Trois PDG lui ont succombé pour ne pas avoir voulu enfin entendre les salariés.
Air France est riche de son personnel. Les pilotes contribuent comme tout un chacun à l’excellence de notre entreprise à travers le monde.
Se séparer de l’intersyndicale aujourd’hui pour aller négocier des augmentations en solitaire serait ubuesque (16 jours de grève en 2014 n’y ont rien fait) la conséquence ne ferait que nous affaiblir.

Ce dont les pilotes ont besoin aujourd’hui c’est d’unité ! L’heure est plus que jamais à continuer de serrer les rangs et à préserver ce lien qui nous unit et nous rend forts ! ALTER s’y investit de toutes ses forces.