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Sur le chemin du 3 novembre 2016…

20 octobre 2016

Le 30 septembre dernier, l’Intersyndicale Air France était reçue par le Boston Consulting Group dans le cadre de l’enquête lancée par Janaillac en vue de « rétablir la confiance » et de « répondre aux interrogations stratégiques » de notre entreprise. À cette occasion, a été réaffirmé, entre autres, avec détermination notre volonté de voir, enfin, le collectif de travail d’Air France considéré non plus comme un « coût », mais bel et bien comme une richesse porteuse d’une forte « efficacité économique ». Et que cette volonté ne pouvait être concrétisée qu’au travers du progrès social pour toutes les catégories socioprofessionnelles de la compagnie.
Dans une récente interview, Janaillac réaffirmait toujours que « notre structure de coûts est encore trop élevée ». Il est certes à noter que l’article en question ne dévoilait pas ce que notre neo PDG entendait décliner sous le vocable de « coûts » : les salariés dans leur ensemble, les pilotes en particulier, une fois de plus ou convoquait-il devant son tribunal des flagrants délires les retraites chapeaux, les rémunérations à 7 chiffres (et un peu moins), l’empilement de strates hiérarchiques conférant à la bureaucratie kafkaïenne, une gestion des effectifs et de la flotte hors du temps, obligeant l’entreprise à annuler des vols, à ne pas pouvoir embaucher suffisamment par manque d’instructeurs, à affréter, etc. ?

Réponse le 3 novembre prochain, jour de CCE, où il viendra officiellement le présenter aux représentants des salariés (le 2 novembre, avant lesdits salariés donc - tout un symbole -, le Conseil d’Administration prendra connaissance du plan… mais, à en ne pas douter, la presse nous en aura défloré l’architecture en amont).

Dans l’attente, notre quotidien continue à déverser ses hallucinantes inepties tendant à mettre à mal toute ressource vers une trajectoire plus « audible », plus porteuse d’espoirs, plus emprunte d’un avenir partagé et tournant le dos à un passé funeste tant sur le plan social qu’industriel…

La direction se gargarise sous iPn de nombreuses ouvertures de lignes au cours de cet hiver : « +3,7 % ! De quoi vous plaigniez-vous, bande de salariés ingrats !… Eh ben, juste du fait que cela concerne la holding AFKLM, chef… Et alors, KLM ne fait-elle pas partie de ce fameux holdup… pardon holding ? Chef, oui, chef… sauf qu’on n’a un peu l’impression que notre entreprise, Air France donc, se fait depuis quelques années « braquer » à l’orée des saisons par de grands costauds blonds venus du froid, voire de directeurs bien français ceux-là :

sur Long courrier, 9 nouvelles liaisons : 2 pour AF et 7 pour KLM ;
sur Moyen et Court courrier, 12 nouvelles liaisons : 3 pour AF et 7 pour KLM.

À noter, en parallèle, le développement de Transavia avec 31 nouvelles liaisons, dont 17 au départ de Munich, 9 au départ d’Amsterdam et 5 au départ de Paris et Lyon, le tout agrémenté de l’arrivée de 7 nouveaux B737, flambant neufs, financés avec la richesse que nous créons tous les jours, car n’escomptez pas que TO gagne de l’argent avant un certain temps, comme le fût du canon… L’avantage, c’est que nous savons pour quels objectifs nous travaillons ! À garder en mémoire vive cette vérité quand le Low Cost Long Courrier viendra s’inviter à la table des négociations !

Nous terminerons ces agapes industrielles… et au final sociales, avec l’annonce de la poursuite de la modernisation de la flotte d’AF...KLM qui verra sa flotte, à la fin de la saison hiver 2016/2017, comptabiliser 10 B787 : 2 pour AF et 8 pour KLM (pour info, question de boire la coupe jusqu’à la lie, à ce jour, KLM exploite encore 20 B744).

Enchaînons côté Sécurité des Vols... Alors que l’entreprise nous rebat les oreilles depuis trop d’années, en particulier depuis l’accident de l’AF447, avec des envolées tant lyriques que dépourvues de sincérité : « Bien au-delà des normes définies au niveau international, européen et français, Air France place la sécurité des vols au cœur de sa culture d’entreprise et réaffirme en permanence la sécurité comme un impératif absolu. Cette culture d’entreprise est portée au plus haut niveau de l’entreprise, par un engagement personnel de chaque membre du Comité exécutif » et « Au-delà de l’indispensable conformité aux règles et aux procédures, la démarche d’Air France en matière de sécurité des vols vise à instaurer une véritable dynamique de progrès durable, individuelle et collective, pour porter la sécurité au plus haut niveau », nous continuons à nous heurter à des refus de renfort équipage sur JFK, par exemple, voire à une détente du temps d’escale, alors que le fameux SGRF le préconise.

Un projet « Perf Ops » qui tend à oublier la SV dans son logiciel (on se souvient de sa présentation aux pilotes par E. Schramm ne mentionnant que deux « grands piliers » : attentes « clients » et idées des opérationnelles pour les satisfaire) pour ne se concentrer essentiellement sur la satisfaction « client » et non sur la satisfaction de « ceux » (c’est-à-dire les salariés de l’entreprise et qui plus est les pilotes) qui sont pourtant les premiers artisans de cette impérieuse nécessité !

Un absentéisme pilote en augmentation suite à la fatigue accumulée, tant physique (sous effectif pilote) que psychique (pression sociale permanente et professionnelle par amendements incessants des référentiels) : extrait des Bilans sociaux d’AF, le taux d’absentéisme pilote pour l’année 2015 est de 3,18%... soit, depuis 2012, en augmentation de 25% ; alors que pour le PN (PN et PNT), ce taux est de 6,48% en 2015, soit, depuis 2012, en diminution de 1,2%, soit, quasi stable.
Sachez aussi qu’un point d’absentéisme pilote équivaut à environ 10 millions d’euros…

En outre, nous devinons poindre à l’horizon une flopée de « facteurs de compensation » telles l’amélioration des plannings (après avoir orchestré un sous-effectif) et des plateaux-repas (après les avoir rendus quasi immangeables), un remue-ménage de la structure hiérarchique de « proximité » (« tout changer pour que rien ne change » ?), une diminution plus que légère des GP (après les avoir sensiblement augmentés), la bourse d’échange de rotations, etc. Pas que tous ces sujets ne soient pas porteurs de problématiques aiguës qu’il nous faut résoudre ou de sujets nouveaux à explorer, mais pour la plupart ils ne sont souvent que la résultante d’une précédente politique ayant justement consisté à les détériorer et que la direction souhaiterait à l’avenir « compenser » (comprenez améliorer), tel le pompier pyromane. Dans ce jeu de dupe, il nous faudra donc garder la tête froide et bien faire la part des choses entre de réelles avancées et un juste retour à une situation acceptable...

Pour terminer, ALTER s’interroge toujours, sans provocation aucune, en toute sincérité, sur la faisabilité d’un projet stratégique novateur irrigué d’une pensée tournant le dos au passé, alors même que la haute direction d’Air France est restée la seule conseillère de Janaillac...

En résumé, alors que Janaillac nous a délivré de belles paroles et de bonnes intentions (mais comme chacun sait, l’enfer en est pavé), trop peu de choses à cette heure nous confortent dans l’idée que nous avons radicalement changé de trajectoire sociale et industrielle.
Si l’espoir fait vivre, et ALTER ne peut que souhaiter une issue positive pour l’entreprise et tous ses salariés dans les jours à venir... A cette aune, les pilotes devront être particulièrement attentifs aux propositions qui seront avancées le 3 novembre prochain. Dans l’attente...
Restons vigilants, Restons mobilisés,
Restons déterminés à nous faire respecter dans toutes prochaines semaines si cet espoir devait, une nouvelle fois, être anéanti.