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TT - L’heure du départ approche

5 octobre 2016

L’heure du départ approche !

Et le suspense de monter d’un cran à désormais un mois du CCE à l’occasion duquel les pistes pour l’entreprise élaborées par l’équipe Janaillac seront divulguées.

Les réponses par la direction aux objectifs affichés de restauration de la confiance et « aux interrogations stratégiques » auront-elles pris en compte les aspirations des salariés en général et des pilotes en particulier ?

Sans tomber dans le procès d’intention, c’est fort de l’expérience du passé à Air France, de témoin exigeant et critique de l’actualité sociale tant nationale qu’interne et du froid constat que les habitudes et les équipes ont très peu été bouleversées qu’ALTER reste pour le moins dubitatif, sentiment qui nous semble assez largement partagé au sein de l’intersyndicale Air France.

En effet, le recours à un organisme extérieur (BCG) on ne peut plus orthodoxe en matière de soumission voire de promotion des dogmes à la mode en matière de management fait craindre que l’exaspération exprimée dans tous les métiers et toutes les entités du groupe ne soit pas prise à sa juste mesure.

La consultation dont BCG est en charge a été évoquée dans les médias sous un angle inquiétant. Alors que la direction n’ignore pas qu’une enquête « Risque psychosocial » soulignant la défiance des Pilotes envers le management au sens large est en cours de finalisation (attente de présentation formelle du rapport final courant octobre !), elle a décidé d’évaluer, par un autre moyen plus à sa main, où se situe le niveau maximum d’acceptabilité des efforts exigés. « Consulter » et « Associer », mais pour quels objectifs ? Réponse, donc, le 3 novembre prochain, date du CCE au cours duquel sera dévoilé aux salariés le plan « TT », dit « Trust Together ».

Puisque cette consultation est présentée comme prémisse aux pistes que la direction va « proposer », revenons sur les termes de celle-ci pour expliquer nos craintes :
Outre le recours à BCG, le choix du nom du projet. Alors que c’est une crise de confiance profonde à laquelle la direction doit faire face, alors que l’hypocrisie des propos est à son comble, alors que l‘on tourne autour du pot, c’est « Trust Together » qui a été retenu. Une rupture avec l’ancien régime qui se pose là ! Ceci dit, il n’y a pas de surprise, JMJ avait déjà prévenu. Ce recours à la doxa anglo-saxonne ambiante laisse mal augurer de solutions valorisant le savoir-faire « maison » des salariés de chair et d’os (et non des machines ou des e-services généralisés) ou la fierté de travailler à et pour Air France. Bien au contraire, il apparaît comme la prochaine réaffirmation que gnagnagna la concurrence féroce, gnagnagna la rentabilité moindre ou gnagnagna nos coûts nous imposent de renoncer à ce qui différencie encore un peu le produit Air France prisé des voyageurs !

Des pistes ou des lueurs d’espoir, il en existe cependant au milieu d’un océan de désolation : l’activité de la DGI voit sa contribution aux résultats du GAF continuer à augmenter, gage de l’expertise de nos collègues du sol. Un document de présentation devant le CHSCT de la future cabine de l’A330 vante cet avion qui permet « de maintenir la présence d’AF sur des marchés structurellement difficiles en limitant l’exposition financière ». Montpellier (AF reste toujours autant fâchée avec sa desserte de Biarritz…) s’inscrit dans le programme « Navette » avec 12 liaisons hebdomadaires supplémentaires cet hiver, certes avec toujours 106 coques MC en lieu et place des 116 promises dans Transform… La péréquation, par exemple, retrouve ici quelques lettres de noblesse oubliées au même titre que d’autres, telles les économies d’échelle auxquelles on a renoncé après en avoir pourtant fait l’alpha et l’oméga d’une saine gestion (cf. flottes MC diversifiées par la réintroduction hors de prix des B737 de TOF).

Tout cela pour dire quoi ? Simplement que l’entreprise ne sait que trop rarement recourir à sa marque, à ses salariés et à ses avions lorsqu’il s’agit de reprendre pied face à la concurrence. Tant que les dirigeants seront des financiers, des comptables ou des banquiers, il en sera de même ! Voyant les coûts avant les recettes, ils vivent dans la certitude que le collectif de travail et l’outil industriel Air France sont des tares et non une chance !

M. Janaillac saura-t-il inverser cette funeste tendance ? Saura-t-il rétablir la confiance ? Les financiers doivent cesser de polluer les esprits à la tête de l’entreprise et se mettre en retrait. Leur place est le contrôle de gestion, pas le pilotage du groupe ! Une révolution culturelle qu’ALTER redoute qu’elle n’ait pas été décidée encore. Quant aux « initiatives clé à lancer » au sein du groupe, au-delà des revendications affichées de l’Intersyndicale Air France, ce sont d’embauches nettes, de renoncement à mettre les salariés du groupe en concurrence et de rétablissement en faveur d’Air France des équilibres d’activité au sein du groupe dont nous avons besoin !

ALTER continue d’agir, de militer et de convaincre à cet avènement !