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Stratégie d’Air France - Joue la comme EasyJet

Dernière mise à jour : 20 mars

Benjamin Smith n’a de cesse de rappeler son attachement à la marque Air France, son engagement à pérenniser la compagnie, sa volonté de montée en gamme. Dans le même temps, sa feuille de route est tracée avec un seul objectif : dépasser les 8 % de marge opérationnelle. Il n’est ni le premier ni le dernier à diriger une compagnie aérienne de la sorte. Avec quels résultats ?

 

Un fort capital de sympathie, une image de dirigeante proche des salariés

En poste de CEO d’EasyJet depuis 2010, Carolyn McCall avait soigneusement travaillé son image de dirigeante proche des salariés. Profitant de ce fort capital de sympathie, elle a su, entre 2015 et 2017, forcer la compagnie à une rentabilité démesurée, en pressurant tous les services, en rognant sur les conditions de travail.

Le résultat de cette politique fut spectaculaire, avec une hausse de 17 % du chiffre d’affaires et un bénéfice net de 400 millions d’euros. Propulsée par ces résultats, madame McCall abandonne le navire orange au sommet de la vague, et, juteuse prime en poche, s’en va vers de nouvelles aventures.

Son successeur a été chargé de gérer une crise inédite dans la maison orange, dont l’exploitation, à genoux, mettait la pérennité de la compagnie en péril. Les salariés ont été priés de payer la note, une seconde fois !

Les signaux étaient pourtant là pour alerter l’exécutif d’EasyJet, mais ces signalements ont été étouffés par une communication efficace de l’équipe de madame McCall.



 

Des résultats exceptionnels, à quel prix ?

Cette année, les résultats d’Air France sont exceptionnels, le troisième trimestre bat tous les records, les ambitions sont démesurées. À quel prix ?

Beaucoup de signaux répondent à cette question :


  • L’exploitation est exsangue, étranglée par des économies ; la maintenance manque de pièces comme de main-d’œuvre ; le hub de CDG est chaque jour plus inefficace ; le service aux passagers est en déclin sur tous les fronts : desserte du territoire, qualité des cabines, ponctualité…

  • La Sécurité des Vols est n’est plus qu’un mantra qui ne remplacera jamais une réelle politique en la matière, qui, certes, nécessite des moyens financiers.

  • La direction n’investit plus dans notre outil industriel, mais vend, au contraire, nos activités les plus rentables (maintenance moteur, programme de fidélité).

 

Nous devrions, collectivement, être préoccupés de ce naufrage annoncé, sous peine d’être surpris par l’addition à payer dans quelques années. D’ici là, Benjamin Smith aura, sans surprise, quitté le navire.

 

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